Cameroun : la blogosphère « sonnée » par le discours du nouvel an de Paul Biya

Trois jours plus tard, l’unanimité sur la qualité du message présidentiel continue de se faire sentir. Plusieurs s’attendaient à de la redite, mais il n’en fut rien.

Le chef de l’État camerounais, fidèle à sa posture républicaine, a su trouver les mots pour rassembler et rassurer ses compatriotes. Il aurait pourtant été facile pour lui de jouer du violon comme le font plusieurs de ses pairs. Non. Cette fois encore, Paul Biya a parlé d’actualité et démontré un sens élevé des responsabilités.

Sans s’appesantir sur un mode mélodramatique, il a su rappeler les événements tels que l’a vécu le Cameroun au cours de la dernière année. Des catastrophes accidentelles comme le déraillement du train d’Éséka aux incidents malheureux dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. C’est par ces mouvements sociaux que le président Biya a amorcé son adresse à la nation. Il le fallait d’autant plus que des débordements, savamment planifiés par de « pseudo-sécessionnistes anglophones », ont failli mettre le feu aux poudres. C’est d’ailleurs cette portion du discours du 31 décembre, concernant l’unité nationale, qu’il faut principalement retenir.

Le chef de l’État fut à la fois martial et avenant sur ce point précis en déclarant : « Je voudrais, avant toute autre chose, vous dire solennellement, ce soir, que le Cameroun est un pays plus que jamais debout. Un pays Un et Indivisible, fier de sa diversité culturelle et jaloux de sa liberté. Un pays riche de ses hommes talentueux et entreprenants. Un pays doté de ressources importantes. Un pays regardant l’avenir avec confiance et détermination, décidé à relever les défis pour garantir le progrès social et la prospérité de tous. »

Au sujet de droits soi-disant bafoués par les forces de l’ordre et les autorités administratives, le chef de l’État a rappelé que «  les libertés politiques et syndicales sont effectives au Cameroun. Elles sont garanties et encadrées par des lois et règlements. Dans ce cadre, chaque citoyen est bien fondé d’exprimer son opinion sur tout sujet de la vie nationale, y compris par l’observation pacifique d’un mot d’ordre de grève, dûment déclaré. Il s’agit d’un droit fondamental du citoyen, voulu par le peuple camerounais puisque garanti par la Constitution. Ce droit est inaliénable dans l’idéal démocratique que j’ai proposé au peuple camerounais et que, quotidiennement, nous construisons ensemble, patiemment et obstinément. »

Il était important que le président de la République, garant de la Constitution, se pose en ardent défenseur des acquis de cette nation. En mentionnant aussi les pères fondateurs de ce pays et les héros nationaux ayant payé de leur vie notre indépendance, Paul Biya venait mettre chacun devant ses responsabilités face à l’histoire. Une patrie ne saurait être sacrifiée à l’autel de quelques prétentions nombrilistes.

Les mots dans leur ensemble ont eu leur impact puisque la très grande partie des analystes ont trouvé le discours présidentiel de très haute facture et rassurant. Les plus irréductibles des critiques de Paul Biya cherchent encore leurs mots et le meilleur angle d’attaque pour forcer l’adhésion à leur cirque permanent.

Les Camerounais ont, de toute façon, compris qu’il fallait avancer, sereinement tout en étant en alerte, vers l’Émergence 2035, prochain horizon de notre développement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

cinq × deux =