Cameroun : le plan pour les jeunes de Paul Biya est en marche

Ils étaient nombreux à s’interroger sur le dispositif initié par le président de la République et annoncé à l’occasion de la Fête de la Jeunesse l’année dernière. Les choses ont été judicieusement préparées et ficelées pour permettre un démarrage efficient. Ce mercredi 11 janvier, il y a donc eu lancement en grande pompe de ce programme exceptionnel. Retour sur une autre promesse en marche.
Le chef de l’État camerounais avait rappelé que l’insertion économique de la jeunesse est un souci constant pour les autorités. Les actions devaient se poursuivre avec plus de pugnacité, afin que la jeunesse camerounaise tire le meilleur profit des nombreux chantiers et projets en cours ou en préparation. Dans cette optique, il avait donc prescrit le lancement du Plan triennal « Spécial Jeunes », doté d’une enveloppe globale de 102 milliards de francs CFA.

Les documents relatifs à ce dispositif majeur pour l’emploi sont assez clairs et précis. Il faut ainsi savoir que le Plan Triennal Spécial Jeunes (PTS–Jeunes) concerne tous les jeunes, aussi bien ceux résidant à l’intérieur du pays, en zones urbaines et rurales, que tous ceux de la diaspora. Il s’agit de personnes âgées de 15 à 35 ans, en attente ou à la recherche d’un emploi, déjà actives ou désirant se lancer en entrepreneuriat, sous-scolarisées ou déscolarisés, diplômés ou non.

Bénéficiaires et sources de financement

Le projet étant sensible et inclusif, il a été envisagé que le financement des activités à exécuter dans le cadre des diverses composantes du PTS–JEUNES soit issu de diverses sources. Ces dernières se recrutent parmi les dotations budgétaires publiques, les ressources des partenaires au développement, du secteur privé ainsi que de la société civile.

Pour ce qui est des dotations budgétaires publiques, il a été prévu qu’elles soient issues, au moins pour la première année d’exécution, de rallonges budgétaires et de dotations spéciales.

Concernant les ressources des partenaires au développement, il est indiqué que les ressources soient celles disponibles dans les programmes déjà arrêtés, intégrant ou pouvant intégrer les jeunes comme cibles ou bénéficiaires. A cette disposition, il est également envisagé de mobiliser auprès de ce type d’acteurs les ressources additionnelles possibles en tenant compte de leurs champs d’action, des mécanismes liés à leur contribution ainsi que des cibles spécifiquement visées par chacun de leurs outils de financement ou de participation.

Au sujet des contributions du secteur privé, elles devraient être issues, entre autres, des institutions qui participent déjà au financement du Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la croissance en cours d’exécution. De même, il est demandé que les institutions financières privées, déjà partenaires ou non du FONIJ, soient mobilisées pour accroitre les ressources disponibles pour le financement des projets des jeunes.

Au sujet de l’implication de la société civile, il est envisagé de capitaliser ceux disponibles dans les projets déjà opérationnalisés ou planifiés, intégrant ou pouvant intégrer les jeunes comme cibles ou bénéficiaires.

On parle en tout de près de 1,5 million de jeunes dans la composante concernant l’Observatoire national de la jeunesse, soit 500 000 chaque année pendant trois ans. Le principal volet ciblé est donc le palier socio-économique, qui englobe la formation technique et entrepreneuriale de quelques 600 000 jeunes sur trois ans, soit 200 000 par an, couplé au financement des entreprises concernant environ 500 000, pour leur auto-emploi dans des filières porteuses, afin de contribuer à l’accélération de la croissance.

Voilà une autre directive qui ne restera pas lettre morte comme ont l’habitude de claironner les critiques acerbes du président Biya. On marche résolument vers l’Émergence.

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