Crise sociale au Cameroun : Paul Biya sanctionne un officier de police

Ali Pierre, commissaire de police du Commissariat de la sécurité publique de Mutengene, région du Sud-ouest, a été relevé de ses fonctions ce vendredi. Les 22 et 23 décembre derniers, des événements malheureux avaient conduit à une attaque de l’édifice et les manifestants avaient ensuite mis le feu à des véhicules et à une partie du Lycée bilingue de la ville.

Même si les conclusions de l’enquête ouverte ne sont pas connues, tout porte à croire que le chef de l’État a pris une décision qui va certainement dans le sens des recommandations des fins limiers des unités de la sécurité nationale. Depuis que les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest ont été secouées par cette espèce « d’insurrection », rien n’a été négligé pour établir les responsabilités des uns et des autres. Dans un pays où l’État de droit se doit de prévaloir, aucune des parties impliquées dans les échauffourées ne saurait être privilégiée. Si la décision signée par le chef de l’État camerounais semble surprendre plusieurs, c’est qu’ils sont bien sourds et aveugles. Ayant au cœur de son action la volonté sacrée de contribuer à ce que la justice soit rendue équitablement, Paul Biya a frappé du côté de l’administration et de la sécurité.

Lors de son discours à la Jeunesse le 10 février dernier, le président de la République disait en substance ceci : « Face à la situation prévalant dans ces régions, le Gouvernement a été amené à prendre des mesures pour maintenir l’ordre, assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens et mettre à la disposition de la justice les auteurs et suspects des agissements criminels que je viens de mentionner. Cette action nécessaire va se poursuivre, dans le respect des lois et règlements de la République. Le Gouvernement continuera évidemment, de façon méthodique et ordonnée, à œuvrer à la recherche de solutions appropriées aux préoccupations exprimées par les syndicats des avocats et des enseignants anglophones relatives à la justice et à l’éducation. Nous continuerons également à œuvrer, ensemble, à la recherche de solutions en vue de maintenir la paix, de consolider l’unité de notre pays et de renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du vivre ensemble, dans le respect de notre constitution. »

Aujourd’hui, un officier de police a été relevé de ses fonctions pour des motifs suffisamment sérieux, pour qu’une telle décision soit prise. Mais quoi qu’on en dise, la sanction n’est pas banale et force encore plus les responsables de tout ordre à exercer leur pouvoir en stricte conformité avec la législation en vigueur et en conformité avec les droits des citoyens.

 

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