Paul Biya en Italie : « C’est rare de trouver un gouvernement qui dure 30 ans. C’est le cas du Cameroun »

S’adressant aux hommes d’affaires italiens, le chef de l’Etat camerounais montre que la longévité d’un exécutif (gage de stabilité), est un atout pour le Cameroun.

C’est la phrase que l’on retiendra lorsqu’on revisitera les souvenirs de cette visite d’État du président de la République du Cameroun en Italie. Devant les opérateurs économiques italiens, Paul Biya se félicite de la longévité de l’exécutif camerounais. Ce pouvoir dont il est l’incarnation ne doit pas être considéré comme un défaut ou une faiblesse. Arrivé au pouvoir le 6 novembre 1982, Paul Biya explique à cet auditoire que cette durée doit être appréciée comme un atout puisqu’il s’agit d’un signe de stabilité.

Vue d’Italie, cette déclaration a du sens. La République italienne se caractérise par une instabilité gouvernementale chronique, conséquence de son régime politique. Son parlementarisme dur s’appuie sur un système électoral basé sur la proportionnelle. La 8e puissance mondiale est donc un champ de réguliers séismes politiques affectant les marchés économiques et financiers. En moins de 70 ans, l’Italie a connu une soixantaine de gouvernements. Dans ce pays aux 60 millions d’habitants, plusieurs mandats ont été interrompus.

Pour le président Paul Biya, la stabilité politique est un atout pour tout opérateur économique exposé à la réalité politique italienne. L’instabilité gouvernementale entraîne une instabilité législative notamment  sur les régimes fiscaux et commerciaux. La stabilité est donc inscrite dans le «package » des facteurs favorables à présenter à n’importe quel investisseur.  Car quel que soit le changement des hommes, c’est le même projet gouvernemental qui est mis en œuvre depuis 1982.

Reprise sur les réseaux sociaux, la déclaration du chef de l’Etat suscite des interrogations. Certains socionautes  s’interrogent sur l’opportunité de cette déclaration. Quelques-uns parlent de provocation, évoquant une précédente déclaration du président Biya face à la presse française : « Ne dure pas au pouvoir qui veut mais qui peut », avait répondu le chef de l’Exécutif camerounais à un journaliste français lors de la visite du président François Hollande à Yaoundé. Amoureux des petites phrases, les influenceurs des opinions politiques vont s’emparer de ce débat sur les avantages et les inconvénients d’une telle longévité politique.

Au cours de l’entretien qu’il a eu avec son homologue italien, le président Paul Biya a montré sa disponibilité à parfaire la construction démocratique au Cameroun.  Il a évoqué la situation politique dans son pays marqué par la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, relevant l’attachement d’une majorité des Camerounais à l’unité de leur pays et à la diversité de ses populations.

En quatre interventions en Italie, Paul Biya a montré sa très grande culturelle gréco-romaine, présentant l’Italie comme une référence. Le Cameroun veut tirer les leçons de l’expérience italienne sur les plans économique, culturel et académique.  Outre la suite officielle du chef de l’Etat,  36 hommes d’affaires, des recteurs des universités publiques et d’autres officiels ont fait le déplacement  de Rome pour cette visite d’Etat.

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