Mort de Mgr Balla : que la justice fasse son travail!

La mort tragique de l’évêque de Bafia, Mgr Jean Marie Benoit Balla, fait couler, et cela se comprend aisément, beaucoup d’encre et de salive. Il faut de prime abord convenir que le corps d’un homme que l’on retrouve dans les eaux d’un fleuve ne saurait être un fait banal. Cela l’est encore moins quand il s’agit d’un homme d’église, d’un prélat, une autorité morale, un évêque, un prince de l’Église.

Il y a en effet de la part de la population un besoin somme toute compréhensible d’information qui doit être satisfait. On a besoin de savoir ce qui est vraiment arrivé ; Mgr Balla s’est-il donné la mort, comment et pourquoi ? A-t-il été assassiné, comment, par qui et pourquoi ? Des questions poignantes qui appellent des réponses urgentes.

Évidemment,  dans les médias et les réseaux sociaux, tout le monde, pour parler de ce drame, s’en donne à cœur joie. Ne dit-on pas souvent que les médias se nourrissent de sang, de sexe et de scandales. Or, la mort de l’évêque de Bafia, telle qu’elle est survenue, parce qu’elle a été une occasion de sang versé, est un véritable scandale qui touche à la fois l’Église et, d’une certaine manière, l’État tout entier.

C’est ainsi que d’aucuns, ayant recours à des arguments des plus fallacieux et surréalistes, sont allés jusqu’à insinuer que l’État du Cameroun pouvait être responsable de la disparition puis de la mort de l’évêque de Bafia. Ces insinuations appellent quelques interrogations : d’abord comment et pourquoi un État pourrait-il en vouloir à un évêque au point de lui donner la mort ?

La question se pose d’autant plus que le regretté évêque de Bafia, religieux  sobre et discret, n’affichait aucune attitude ni position hostile envers qui que ce soit, en tout cas pas envers l’Etat du Cameroun,  qui eût pu laisser croire que quelqu’un dans l’appareil de l’Etat, pourrait avoir quelque raison d’attenter à sa vie. Pour sa part, en tout cas, L’État du Cameroun ne nous a pas habitués à de telles pratiques.

Mieux, depuis la disparition du prélat, on a vu l’État du Cameroun déployer ses divers organes pour savoir ce qui était arrivé. D’abord au niveau de l’administration, le gouverneur de la région du Centre, les préfets des départements du Mbam et Inoubou et de la Lékié, les autorités judiciaires, les procureurs de la République près les tribunaux de Bafia et de Monatélé, les forces de police, les forces spécialisées, les sapeurs-pompiers, tout ce beau monde s’est mobilisé sur les lieux de la disparition de l’évêque jusqu’à ce que l’on retrouve son corps.

Par la suite, une enquête a été diligentée par les autorités judiciaires sous la conduite des procureurs de la République près les tribunaux de Bafia et de Monatélé. On sait par ailleurs qu’une autopsie a été effectuée. Même si les résultats de cette autopsie n’ont été rendus publics, on observe que l’État met tout en œuvre pour la manifestation de la vérité.

Le Cameroun pleure un digne fils ; les chrétiens, un prélat de haut vol, un homme de valeur. Ceux qui ont la responsabilité de faire connaître la vérité sont à l’œuvre ; il vaut mieux leur laisser le temps de mener leurs investigations pour que, tôt ou tard, l’on sache ce qui est vraiment arrivé.

J. Daniel

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