Le destin économique des Camerounais est entre leurs mains

On l’a appris en début de cette semaine : le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) se sont mis d’accord sur un nouveau programme économique pour aider Yaoundé à surmonter les difficultés économiques auxquelles il fait face depuis quelque temps et qui ne sont pas toujours, ainsi que l’a relevé le communiqué du FMI, de son fait.

Vous avez dit difficultés économiques ? Oui, il s’agit bien de cela, et cela n’est pas nouveau. On se souvient qu’en décembre de l’année dernière, à l’initiative du président Paul Biya, un sommet réunissant les chefs d’Etat de la Communauté économique d’Afrique centrale (Cémac) s’était tenu à Yaoundé, en présence de Christine Lagarde, la DG du FMI et du ministre français de l’Economie.

Au cours de cette rencontre de haut niveau, l’on a clairement fait le constat selon lequel les pays de la Cémac connaissaient de graves difficultés économiques du fait, notamment, de la baisse des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. La situation, pouvait-on relever, était intenable pour la plupart des pays. Pour sa part, avait-on encore souligné, le Cameroun, grâce à son économie diversifiée, faisait preuve de résilience et tenait encore en quelque sorte le coup.

Mais il apparaissait aux yeux de tous qu’il fallait prendre des mesures urgentes pour sortir de ce qu’il faut bien considérer comme une situation de crise. D’aucuns sont allés jusqu’à préconiser, comme en 1993, une dévaluation du F CFA, entre autres mesures.

Rappelons que la dévaluation du F CFA avait été durement ressentie par les populations des pays concernés, affaiblissant de manière dramatique leur pouvoir d’achat. On comprend donc pourquoi le président Paul Biya s’y est opposé en même temps qu’un certain nombre de ses compères de la sous-région. Il fallait prendre des mesures contre la crise, on est tous d’accord. Mais il fallait éviter d’asphyxier les masses laborieuses qui deviendraient encore plus vulnérables si l’on touchait à leur pouvoir d’achat.

L’option qui avait été prise, à savoir, permettre à chaque pays de négocier individuellement avec les bailleurs de fonds multilatéraux que sont le FMI et la banque mondiale, en tenant compte des spécificités de chacun, me semble être pertinente. Car, faut-il le souligner, même si elle est difficile, la situation économique n’est pas la même pour tous les pays. Il fallait donc éviter, ça a souvent été le cas avec les bailleurs de fonds, d’appliquer la même thérapie pour toutes les pathologies et pour tous les patients.

Le Cameroun vient donc de trouver un accord avec le FMI. Pour cela, il faut féliciter le gouvernement qui a négocié les meilleures conditions, celles qui peuvent permettre au pays de relancer son économie dans des délais relativement courts. Il va bénéficier de la Facilité élargie  de crédit. Cela va lui apporter un soutien financier de 390 milliards de F CFA étalé sur trois ans. Il faut considérer cela comme une bouffée d’oxygène. Mais il ne faut pas oublier la contrepartie, parce qu’il y a des efforts à faire en termes de consolidation du budget et de réformes à mettre en œuvre pour diversifier ses revenus non-pétroliers.

Ce qu’il importe de souligner, c’est que malgré les difficultés, et grâce à la clairvoyance du président Paul Biya, les Camerounais ont leur destin entre leurs mains.

J. Daniel

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