Akere Muna, sapeur-pompier ou pyromane ?

Me Akere Muna, avocat au barreau du Cameroun, a récemment publié dans la presse camerounaise une tribune intitulée Le monde s’effondre… Me Muna s’inspire du roman du célèbre auteur nigérian Chinua Achebe pour tracer un drôle de parallèle avec la situation qui prévaut au Cameroun. On peut se demander quel rôle l’ancien bâtonnier veut jouer. Muna, sapeur-pompier ou pyromane ? Voilà la question qu’on est en droit de se poser.

Commençons d’abord par le titre de sa tribune : « Le monde s’effondre ». Me Muna nous dit que « le roman de Chinua Achebe traite plus ou moins de la transition du Nigeria colonial à l’indépendance, vue à travers la vie d’Okonkwo, un lutteur de la tribu Igbo… ».

La question qui se pose est celle de savoir quelle relation avec le Cameroun d’aujourd’hui.  L’auteur de la tribune soutient que « le Cameroun se trouve lui aussi au carrefour d’une transition dont les signes, que l’on le veuille ou non, crèvent » (Sic).

Je vous laisse établir, par vous-même, le lien que le célèbre avocat établit entre les deux situations. En ce qui me concerne, ce lien n’est pas évident.

Permettez que je vous épargne des propos à la limite de l’injure auxquels a recours le fils de Salomon Tandeng Muna, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Cameroun.

Venons-en aux faits : Me Muna fait le procès de ceux qui gouvernent le Cameroun, qu’il qualifie de « clique d’oligarques », et qu’il accuse d’avoir divisé le Cameroun. Ainsi que vous pouvez aisément le comprendre, la crise anglophone avec ses avatars que sont le problème des enseignants anglophones et le boycott des tribunaux par les avocats d’expression anglaise sont ici convoqués.

L’avocat se mue en procureur et se livre à un procès en règle du gouvernement qu’il accuse d’arrogance, de tribalisme, de mal gouvernance, d’apporter des « solutions négatives obtenues par une approche plutôt impulsive…». Et en donneur de leçons…

Bien entendu, lui et les siens sont de la race de « ceux qui se soucient de leur pays », des patriotes, quoi ! Et comme il fallait s’y attendre, le patriote Muna détient des solutions, entendez de « bonnes solutions », qui ne peuvent venir que de lui, pour qu’on puisse aller vers « l’apaisement ».

Mais ce qui est extraordinaire dans cette affaire, c’est que pendant que la maison était, disons-le comme ça, en feu, pendant que les enseignants étaient en grève tout comme les avocats, le « patriote » Muna et les siens n’ont rien dit pour les rappeler à la raison. Au contraire, ils ont passé  le temps à attiser le feu, avec le secret espoir, pourquoi pas,  d’en tirer les marrons… Ils n’ont jamais dit aux activistes que même pendant l’apartheid, les petits Noirs n’ont jamais cessé d’aller à l’école !

Aujourd’hui encore, tout en parlant du bout des lèvres d’apaisement, Me Muna évite d’appeler les parents, les élèves et les enseignants à se préparer à effectuer une rentrée en bonne et due forme ; il s’abstient d’inviter les avocats à mettre fin à leur mot d’ordre de grève. Ce qui aurait constitué un aveu d’échec. Et ceci est difficile à admettre, surtout quand le pyromane se cache derrière le sapeur-pompier.

J. Daniel

 

 

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