La fausse affaire des « morts » nigérians de Bakassi

On l’a appris ce jeudi, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, a démenti les informations selon lesquelles 100 ressortissants nigérians auraient été tués dans la presqu’île camerounaise de Bakassi. Ce démenti intervient au même moment que celui émis par le gouvernement camerounais par la voix du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary. Une actualité qui nous inspire quelques réflexions sur ces mensonges qui sont de nature à polluer les relations entre le  Cameroun et le Nigeria.

Resituons-nous tout d’abord dans le contexte : depuis quelques semaines, les médias nigérians relayent des allégations selon lesquelles une centaine de ressortissants nigérians auraient été tués à Idabato, dans la presqu’île de Bakassi, par les forces de sécurité camerounaises.

A la base de cette affaire, il y aurait le refus des ressortissants nigérians de se plier à la décision des autorités camerounaises de mettre en application l’imposition de taxes aux ressortissants nigérians vivant dans la localité.

En effet, selon certaines sources, les hommes menant des activités de commerce et de pêche devraient payer par an 99.665 francs CFA, les femmes 54.361 francs CFA. Apparemment, c’est de là que seraient parties les tensions.

Cette actualité appelle de notre part un certain nombre d’observations :

  • Il était important que ces allégations, parce qu’elles sont fausses, soient démenties à la fois par le gouvernement du Cameroun et celui du Nigeria, et davantage d’ailleurs par celui du Nigeria, parce que, en fait, c’est de ce pays-là que vient le problème, notamment par le biais de sa presse.
  • A travers la résolution pacifique de la crise de Bakassi, qui est souvent citée comme un modèle en la matière, le Cameroun et le Nigeria – et davantage le Cameroun – ont administré à la face du monde leur volonté d’entretenir des rapports de bon voisinage, empreints de fraternité, d’amitié et de respect mutuel. Ils ont décidé de tourner la page d’un conflit dans lequel ils avaient tout à perdre. Et il faut savoir saluer le tact, la pondération et la sagesse du président Paul Biya grâce auxquels l’on a pu éviter au Cameroun et au Nigeria, deux pays unis par l’histoire et la géographie, un conflit inutilement meurtrier et lourd de conséquences de tous ordres.
  • Pour autant, si le Cameroun a œuvré pour l’apaisement, il n’en demeure pas moins que Bakassi est camerounais, cela ne se discute plus, et doit être traité comme tel. Cela veut dire, que le Cameroun doit y exercer sa souveraineté, pleinement et sans aucune faiblesse. Cela veut aussi dire que tous ceux qui vivent sur ce territoire, doivent respecter et appliquer les lois de la république. Cela veut encore dire que, en même temps que l’État investit pour doter la localité de toutes sortes d’infrastructures, il a le droit de lever l’impôt, car cet impôt lui permet de faire face à ses obligations régaliennes.

En conséquence, les autorités administratives camerounaises et les forces de maintien de l’ordre ont le devoir de faire appliquer la loi dans la justice et le respect des droits humains. C’est la condition pour que le Cameroun et le Nigeria, qui ont déjà eu l’occasion de faire face à certains autres défis, demeurent des pays frères et amis qui coopèrent dans la paix et la concorde en vue de leur épanouissement mutuel.

J,Daniel

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