Les nouveaux médiacrates camerounais

Le contexte sociopolitique de ces derniers temps dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun, la crise anglophone, comme l’appellent certains, va nous en faire voir de toutes les couleurs, notamment sur les plateaux des télévisions.

Les fins de semaine, des shows télévisés sont organisés au cours desquels des gens dotés d’une expertise plus ou moins avérée, des voix plus ou moins autorisées, se saisissent de la parole pour dire ce qu’ils pensent sur l’actualité de notre pays.

Inutile d’insister sur le fait que ces émissions, véritables nouvelles cases à palabre, agoras des temps modernes, sont considérées comme de grands moments de radio ou de télévision, et connaissent un certain succès.

Petit à petit, nait dans ce contexte une race de « médiacrates », journalistes, politistes et politiciens de tous bords et tutti quanti, des gens capables de vous parler de tout, en quête d’un auditoire qu’ils s’offrent à peu de frais, qui écument divers studios des villes de Yaoundé et Douala, font le tour de ces studios, pour partager leurs opinions avec d’autres panélistes, passer au crible de l’analyse tel ou tel autre fait d’actualité, vouer aux gémonies telle ou telle autre personnalité du microcosme sociopolitique et économique national.

Ces derniers temps, vous vous en doutez bien, le sujet de prédilection c’est la « crise anglophone ». Il faut alors suivre ces « experts » autoproclamés, de fervents militants de partis politiques embusqués derrière l’étiquette de la société civile, s’en donner à cœur joie : d’un air des plus sérieux, ils affirment sans coup férir que le gouvernement ne fait rien pour sortir de la crise; qu’on devrait libérer les « activistes anglophones » arrêtés et en attente de jugement… Ils se lamentent sur ce qu’ils considèrent comme le manque d’initiative du pouvoir. Surs d’eux, ils croient détenir la solution magique, la vérité absolue.

A leurs yeux, ceux qui gouvernent le Cameroun, ceux qui gèrent les affaires publiques, ne seraient que des tarés, incapables de la moindre réflexion, dénués de tout bon sens. Ce serait une classe de gens qui n’aiment pas leur pays. Il y en a un qui l’autre soir, affirmait, sentencieux, qu’au lieu d’envoyer des fonctionnaires rencontrer les membres de la diaspora, le gouvernement aurait mieux fait de désigner des hommes politiques. A ses yeux, Laurent Esso, Lejeune Mbella Mbella et les autres ne seraient que de minables fonctionnaires…

En d’autres circonstances, on aurait pu se féliciter de ce que les Camerounais tirent profit des libertés retrouvées, l’un des plus grands acquis du président Paul Biya, pour s’exprimer sur tout ce qui touche à la vie de leur pays. Mais le sentiment qui prévaut est que quelques petits malins ont confisqué les plateaux de télévision et les studios de radio pour intoxiquer l’opinion, prêcher la haine et la division. Ces gens-là ne doivent en aucun cas avoir gain de cause.

J.Daniel

 

 

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