Crise anglophone : de quel dialogue parle-t-on au juste?

Il faut dialoguer. On l’a encore entendu ce weekend dans les émissions de débat qui ont consacré, comme cela se voit depuis quelque temps, un espace à la crise anglophone.  Quelques Camerounais, apparemment de bonne foi, appellent le président à dialoguer avec les leaders de la contestation anglophone. Mais, entre nous, qui sont ces leaders? De quelle légitimité peuvent-ils se réclamer? Et sur quoi le dialogue devrait-il porter? Et puis n’a-t-on pas déjà suffisamment dialogué comme ça?

Certaines personnes qui parlent de dialogue aujourd’hui donnent l’impression que le président de la République et, plus largement, le gouvernement de la République n’ont rien fait pour entendre les voix qui venaient de la part des contestataires.

Cette position est fausse et dénuée de tout fondement. Il faut rappeler que ce qui est aujourd’hui qualifié de crise anglophone n’est en fait, au départ, que des revendications corporatistes des enseignants et des avocats d’expression anglaise.  Et le président de la République a reconnu le caractère légitime de ces revendications et a entrepris d’y donner suite. Il n’a pas hésité à envoyer le Premier ministre chef du gouvernement, lui-même anglophone et originaire du Nord-ouest, l’un des foyers de tension, rencontrer les leaders syndicaux à Bamenda et trouver avec eux un terrain d’entente. N’est ce pas cela le dialogue?

Et alors qu’on croyait avoir vu le bout du tunnel, après que le gouvernement eut fait toutes sortes de mesures pour satisfaire aux revendications, les gens d’en face qui, quant à eux – on va le comprendre plus tard – avançaient masqués, vont finir par révéler leur véritable agenda, leur vrai visage. Il fallait s’attaquer à la forme de l’État et,  plus tard, à sa partition. C’est là l’agenda caché de ceux qui s’embusquaient derrière les revendications corporatistes, mais qui, en réalité, avaient un autre objectif.

Pour qu’il y ait dialogue, il faut que les différentes parties prenantes soient clairement identifiées et de bonne foi et que l’on s’accorde sur l’objet du dialogue. Dans le cas du Cameroun, on sait que l’une des parties c’est le gouvernement. Qu’on nous dise donc quelle est l’autre partie. Sont-ce ces gens qui ont pris en otage des Camerounais, les empêchant, sous la menace, d’envoyer leurs enfants à l’école, ou de gagner leur pain quotidien en menant des activités économiques?

Il est quand même curieux de constater, que certaines parties prenantes  de cette crise soutiennent elles-mêmes qu’il est difficile d’identifier ceux qui, dans l’ombre, s’opposent à la normalisation de la situation. Dans ce cas, avec qui le gouvernement devrait-il négocier? Une formation politique? Comment s’appelle-t-elle? Qui en sont les leaders? Qui les a élus et quand?

Dans la crise anglophone, il est clair que le président de la République, le gouvernement et les pouvoirs publics dans leur ensemble, ont fait ce qu’ils avaient à faire, conformément à la Constitution. Aux autres de faire preuve de bonne foi et de faire leur part.

J. Daniel

 

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