Des patriarches ne peuvent pas demander cela

Voici une affaire qui risque, une fois de plus, de faire couler beaucoup de salive dans les chaumières. Des individus, semble-t-il, qui se sont arrogés le titre pompeux de « patriarches » du Mfoundi auraient écrit au président de la République pour lui demander de faire libérer leurs frères poursuivis par la justice pour détournement présumé des deniers publics.

Pour être honnête, nous ne disposons ni de la liste des auteurs de la missive adressée au président Paul Biya, ni même de la liste des fils et filles du Mfoundi poursuivis ou déjà condamnes dans une affaire de détournement de deniers publics ou de corruption.

Mais nous savons que les détournements des deniers publics ont atteint un niveau insupportable dans notre pays qui a, un certain moment, occupé la très peu enviable position de pays le plus corrompu du monde, selon un classement établi par une ONG internationale.

Nous savons aussi que le président Paul Biya a pris le ferme engagement de combattre ce phénomène qui tendait à devenir une gangrène dans notre pays. Il a promis que tous ceux qui se sont permis des libertés avec l’argent du contribuable devront rendre gorge. Et, dans la même lancée, il a mis en place le TCS, la CONAC, l’ANIF et d’autres structures.

C’est ainsi que des compatriotes des quatre coins du pays, sans distinction de tribu, de langue ni d’appartenance politique, et j’imagine qu’il y en a quelques-uns du Mfoundi, parfois des gens ayant occupé de très hautes responsabilités au sein de l’appareil de l’État, ont été interpellés devant la justice.

Nombre d’entre ces compatriotes ont été jugés selon les lois de la République et condamnés en rapport avec le préjudice qu’ils ont causé à l’État. Ils méditent, comme il se doit, leur sort dans les lieux appropriés. Certains autres, dont la justice n’a pas pu établir la culpabilité, ont été élargis et vaquent tranquillement à leurs occupations. Certains autres sont en attente de jugement.

D’où vient-il que des gens responsables, des patriarches de surcroit puissent se lever pour demander la libération des gens poursuivis pour des faits dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont graves. Ces gens, s’ils sont coupables, ont trahi la confiance placée en eux par le chef de l’État, en plus de causer un préjudice inestimable à la nation camerounaise tout entière.

Il parait que la requête des patriarches du Mfoundi intervient au lendemain de la décision du président Paul Biya d’arrêter les procédures engagées contre certaines personnes impliquées dans les violences enregistrées ces derniers mois dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Non. Des patriarches ne peuvent pas demander ça. Ne faisons pas d’amalgame, et ne compliquons pas inutilement la tâche au chef de l’État qui a besoin de plus de sérénité pour poursuivre avec l’ensemble de ses compatriotes, y compris ceux du Mfoundi, le vaste et ambitieux programme qu’il a engagé pour l’émergence de notre cher et beau pays.

La lutte contre la corruption doit se poursuivre. Sans relâche.

J. Daniel

 

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