La fille du président Biya candidate à un concours dans son pays: quelle humilité!

Le concours d’entrée à l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam) du Cameroun se déroule depuis quelques jours. Et peut-être l’avez-vous aussi remarqué, le fait que Brenda Biya, la fille du président de la République, se présente à ce concours, suscite curieusement un déchaînement de passions quasi incompréhensible.

Brenda Biya: la fille du chef de l’Etat camerounais victime d’un délit de patronyme

L’Enam est une école prestigieuse. Personne ne saurait en disconvenir. Elle forme les cadres de la fonction publique camerounaise dans divers domaines tels que la gestion administrative et financière, les impôts, la douane, la magistrature, etc.

Vieille de plus de 50 ans, elle a servi de moule pour nombre de compatriotes qui ont occupé des fonctions importantes au sein de l’appareil de l’État. Mais pas seulement. En effet, la plupart des lauréats de cette institution sont restés de parfaits anonymes qui ont simplement eu le mérite de servir leur pays.

Chaque année, des milliers de jeunes Camerounais frappent aux portes de cette institution. Mais si l’Enam jouit d’un prestige certain, cette institution n’est pas la seule. L’État du Cameroun a en effet créé de nombreuses institutions universitaires ou du niveau de l’enseignement supérieur pour la formation de la jeunesse.

En plus des universités classiques, il existe en effet des facultés de médecine pour former les médecins, des écoles polytechniques pour les ingénieurs, des écoles normales pour les enseignants, etc.

Il y a, ainsi que nous pouvons tous le constater, des opportunités de formation pour tous selon les capacités et les sensibilités des uns et des autres.

D’où vient-il donc qu’un Camerounais ou, en l’occurrence, une Camerounaise, fut-ce le fils ou la fille du président de la République, se présente à un concours en même temps que des milliers d’autres Camerounaises et Camerounais, pour demain servir son pays en qualité d’agent public, fasse des gorges chaudes?

Le problème pourrait se poser si l’intéressé(e) ne remplissait pas les conditions pour se présenter à ce concours. Mais tel n’est visiblement pas le cas. En tout cas, personne ne l’a encore dit.

Être le fils ou la fille du président de la République devrait-il vous priver des droits dont bénéficient les autres compatriotes? N’est-on pas, de manière pernicieuse, en train de préparer l’opinion pour que si, éventuellement, l’intéressée était reçue à ce concours, l’on dise que c’est du fait de sa filiation ? Ne serait-ce pas, comme le relèvent fort pertinemment certains observateurs, un délit de patronyme?

Pour nous, en allant se présenter à un concours, la fille ou le fils du chef de l’État fait preuve d’humilité. Elle ou il se met au même niveau que tous les autres. Parce qu’un concours, par définition, met tous les candidats sur le même pied d’égalité pour, au bout du compte, n’en retenir que les meilleurs.

Pensez seulement que le papa, qui est quand même le président de la République, fort de sa position, aurait pu lui obtenir une place à la BEAC, dans une société privée ou parapublique, au Cameroun comme à l’étranger, sans avoir besoin de la (ou le) soumettre à une telle épreuve. Il ne l’a pas fait. A méditer.

J.Daniel

 

 

 

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