A qui profite la terreur?

Les explosions de bombes la semaine dernière à Bamenda et à Douala ont provoqué un tollé général au sein de l’opinion nationale. Et alors que la plupart des Camerounais s’inquiètent de la montée de la terreur, l’attitude pour le moins équivoque de certains hommes politiques qui croient pouvoir tirer profit des remous observés dans certaines régions, laisse pantois.

images de violences dans la ville de Bamenda

On comprend aisément l’émoi provoqué chez les Camerounais lorsqu’ils ont appris que des bombes artisanales avaient explosé à Bamenda puis à Douala. A vrai dire, avant l’avènement de la secte terroriste Boko Haram, le Cameroun pouvait se targuer d’être un havre de paix, et était resté en dehors de la terreur.

On se plaignait déjà de ce que, bien que l’État ait apporté des réponses aux revendications corporatistes de certains corps de métier anglophones, des extrémistes empêchaient, en brûlant des établissements scolaires et en menaçant ceux des élèves qui tenaient à aller à l’école, le bon déroulement de l’année scolaire, organisaient des villes-mortes qui ont, comme tout le monde peut le constater, un effet dévastateur sur l’économie des régions concernées et, par ricochet, de l’ensemble de la nation.

En réalité, on ne pouvait pas imaginer que des terroristes allaient s’emparer de la crise anglophone et user de la terreur pour semer peur et désolation chez des compatriotes qui ne demandent qu’à vivre en paix.

Dans un tel contexte, tous les patriotes de bonne foi, tous ceux qui aiment le Cameroun, devraient se mobiliser pour faire face à un projet qui vise à partitionner le Cameroun, à le déstabiliser par la terreur. Il ne faut pas oublier que la paix est inscrite dans la devise de ce pays et donc dans son ADN.

Il devient par conséquent inconcevable que quelques compatriotes essayent de faire le malin en justifiant des actes qui doivent clairement condamnés. Certains condamnent du bout des lèvres les violences mais, en fait, ils espèrent secrètement que la situation dégénère pour qu’ils puissent tirer les marrons du feu le moment venu.

Sinon, comment expliquer qu’un homme politique digne de ce nom, s’oppose aux restrictions sur les mouvements des personnes dans un environnement où on a enregistré trois ou quatre explosions de bombe en l’espace d’une semaine?

L’État qui détient le monopole de la violence légitime peut-il se permettre de rester les bras croisés face à des groupuscules qui usent de la terreur et affichent clairement leur ambition de détruire le pays?

La réponse est évidemment non. Le président de la République, qui en a le devoir constitutionnel, ne peut pas laisser faire. Le gouvernement et les pouvoirs publics doivent tout mettre en œuvre pour préserver la paix sociale et faciliter la coexistence entre les Camerounais de diverses origines. Cela fait partie des missions régaliennes de l’État.

Et tous ceux qui aspirent à diriger ce pays un jour ou un autre peuvent aisément le comprendre

J.Daniel

 

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