Extrait du Message de fin d’année de S.E.M. Paul BIYA à la Nation Yaoundé, le 31 décembre 2016

(…) Mes chers compatriotes, Je voudrais maintenant m’appesantir sur les derniers événements survenus dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces événements nous interpellent profondément dans notre chair et dans notre esprit. Par le fait d’un groupe de manifestants extrémistes, manipulés et instrumentalisés, des Camerounais ont perdu la vie ; des bâtiments publics et privés ont été détruits ; les symboles les plus sacrés de notre nation ont été profanés ; les activités économiques ont été paralysées momentanément.

Tout cela, vous en conviendrez, est INACCEPTABLE. Les libertés politiques et syndicales sont effectives dans notre pays. Elles sont garanties et encadrées par nos lois et règlements. Dans ce cadre, chaque citoyen est bien fondé d’exprimer son opinion sur tout sujet de la vie nationale, y compris par l’observation pacifique d’un mot d’ordre de grève, dûment déclaré. Il s’agit d’un droit fondamental du citoyen, voulu par le peuple camerounais puisque garanti par la Constitution. Ce droit est inaliénable dans l’idéal démocratique que j’ai proposé au peuple camerounais et que, quotidiennement, nous construisons ENSEMBLE, patiemment et obstinément.

Il n’est pas convenable que certains veuillent se servir de ce cadre de liberté pour poser des actes de violence et chercher à porter atteinte à l’unité de notre pays. En pareille circonstance, l’Etat a le devoir impérieux de rétablir l’ordre, au nom de la loi et dans l’intérêt de tous. Agir autrement, c’est compromettre notre démocratie; c’est laisser l’anarchie s’installer à la place de l’état de droit.

Je condamne de façon énergique tous les actes de violence, d’où qu’ils viennent, quels qu’en soient les auteurs. Nous tirerons toutes les conséquences des différentes enquêtes en cours à ce sujet. Que l’on se comprenne bien, il n’est pas interdit d’exprimer des préoccupations dans la République. En revanche, rien de grand ne peut se construire dans la surenchère verbale, la violence de rue et le défi à l’autorité.

Seul le dialogue serein permet de trouver et d’apporter des solutions durables aux problèmes. Les voix qui se sont exprimées ont été toutes entendues. Elles ont, dans bien des cas, soulevé des questions de fond que l’on ne saurait négliger. J’ai instruit le Gouvernement d’engager un dialogue franc avec les différentes parties concernées, pour trouver des réponses appropriées aux questions posées. Je les invite à participer, sans préjugés, aux différentes discussions.

Mais, ne l’oublions jamais, nous marchons sur les pas des pères fondateurs de notre pays, de nos héros nationaux, qui ont versé leur sang pour léguer à la postérité une nation unie dans sa diversité. L’unité du Cameroun est donc un héritage précieux avec lequel nul n’a le droit de prendre des libertés. Et quelle que soit la pertinence d’une revendication, celle-ci perd toute légitimité, sitôt qu’elle compromet, tant soit peu, la construction de l’unité nationale. Le peuple camerounais, comme un seul homme, s’est engagé à construire une nation unie, inclusive et bilingue. Il s’agit là d’une expérience unique en Afrique. Comme toute entreprise humaine, notre expérience n’est pas parfaite. Elle a des aspects perfectibles. Nous devons donc rester à l’écoute les uns des autres.

Nous devons rester ouverts aux idées mélioratives, à l’exclusion toutefois, de celles qui viendraient à toucher à la forme de notre État. En dehors des instances dont j’ai prescrit la création au Gouvernement, et qui fonctionnent déjà, nous sommes prêts à aller plus loin. Nous sommes disposés, à la suite et dans l’esprit des artisans de la Réunification, à créer une structure nationale dont la mission sera de nous proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider l’unité de notre pays et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du VIVRE ENSEMBLE.  Et cela, dans le strict respect de notre Constitution et de nos Institutions.

Dois-je le redire ? LE CAMEROUN EST UN ET INDIVISIBLE ! Il le demeurera… Il tire sa richesse et sa force de la diversité de son peuple, de ses cultures et de ses langues. C’est ce pluralisme qui vaut à notre pays, considération, respect et admiration. Le Cameroun est un pays démocratique, un État de droit. Les problèmes doivent y être réglés dans le cadre de la loi et par le dialogue.

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