Hassan Diop et Jean Baptiste Placca doivent relire l’histoire du Cameroun

Il se dit des choses sur le Cameroun depuis le déclenchement de la crise anglophone, notamment dans la presse internationale, qu’on se demande si ces gens, à qui on confère une certaine crédibilité, connaissent le pays dont ils parlent…

Les propos tenus dans Afrique Presse de TV5-RFI du 29 septembre dernier, par exemple, laissent en tout cas transpirer si ce n’est une mauvaise foi criarde, du moins une méconnaissance des réalités camerounaises.

L’émission, coordonnée par la Camerounaise Denise Epoté, a, dans son édition du 29 septembre dernier, abordé la question de l’issue de la crise dans les régions anglophones du Cameroun. Sujet passionnant s’il en est, au moment où un certain nombre d‘activistes projettent de proclamer l’indépendance d’une partie du territoire camerounais.

Intervenaient dans le débat, outre Denise Epoté qui est resté cantonnée dans son rôle de distributeur de paroles, Jean Baptiste Placca, éditorialiste à RFI, le journaliste Hassan Diop de RFI et Sabine Cessou de Afrique Magazine.

J’observe que, d’une manière générale, certains propos tenus dans Afrique Presse, parfois avec un brin de légèreté, sur une situation difficile comme celle que connait le Cameroun depuis dix mois, peuvent avoir des répercussions graves.

On a entendu dire dans cette émission, par exemple, que la crise oppose les Anglophones au pouvoir central francophone de Yaoundé. Venant de la part de Denise Epoté, Camerounaise, elle-même, cela a de quoi surprendre. Il faut dire que si l’actuel président de la République du Cameroun a le français comme première langue de travail, le régime qui gouverne à Yaoundé n’est pas un pouvoir francophone. Il a toujours compté en son sein des Francophones et des Anglophones. En guise d’illustration, l’actuel premier ministre et chef du gouvernement est anglophone, de même qu’un grand nombre d’autres dignitaires de l’État.

Jean Baptiste Placca, sans être Camerounais, devrait savoir que le Cameroun occidental a librement choisi de se joindre au Cameroun oriental dans un referendum organisé par les Nations-Unies. Le Cameroun occidental n’a jamais été annexé et le referendum des Nations-Unies n’a pas été truqué, comme l’insinue M. Placca. Au contraire, le Cameroun a observé une journée de deuil national pour la partie du Cameroun qui a été rattachée au Nigeria.

Les panelistes soutiennent que le problème se pose parce qu’on ne respecte pas les Anglophones au Cameroun qui sont par ailleurs brimés, marginalisés, qu’ils sont à l’abandon.  Ils tentent ainsi de justifier le comportement du groupuscule qui projette la partition du Cameroun. Et je suis tenté de leur demander si la Catalogne, la Corse et la Casamance, et je ne sais quel bout de pays dans le monde réclame son indépendance, sont eux aussi à l’abandon.

Il faudrait peut-être dire à ces éminents observateurs que très peu de régions au Cameroun sont aussi développées que le Sud-ouest, par exemple. En parler comme d’une région abandonnée me parait exagéré.

Donc, les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ne sont pas l’abandon. L’Extrême-Nord du Cameroun, n’est pas à l’abandon, non plus. Et on ne saurait accuser Yaoundé d’abandonner cette partie de son territoire aux mains de Boko Haram. Il faut déjà dire que le monde entier félicite le Cameroun pour la lutte héroïque qu’il mène contre ces barbares. Mieux, La création des trois régions septentrionales a fait avancer cette partie du Cameroun, et l’Extrême-Nord en particulier, de manière significative

Autre chose : les éminents panelistes de RFI et de TV5 soutiennent que Paul Biya refuse « obstinément » le dialogue. Je voudrais simplement leur dire que le président Paul Biya a apporté des réponses concrètes aux revendications des Anglophones, dans ses discours comme par ses actes, le président Paul Biya s’est montré disposé à négocier et a d’ailleurs engagé son premier ministre et son gouvernement à négocier, et ils l’ont fait. Mais en face, et ça, personne n’en parle, on a continué à faire dans la surenchère.

Les sécessionnistes causent beaucoup de tort à l’État du Cameroun, cela va sans dire. Et, avec le temps qui passe, on commence à voir quelles sont les véritables motivations de ces gens qui prennent en otages de paisibles citoyens pour des raisons égoïstes.

J. Daniel

 

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