L’indécent discours sur le génocide au Cameroun

Un vocable des plus graves a émaillé le discours des individus qui ne rêvent que de la partition du Cameroun ces dernières semaines. On a entendu les leaders du soi-disant gouvernement du Southern Cameron/ Ambazonia demander aux sénateurs eux députés originaires du Nord-ouest et du Sud-ouest de démissionner du parlement, pour, ont-ils prétendu, ne pas cautionner le « génocide qui se préparait », ainsi qu’ils s’étaient empressés de l’annoncer eux-mêmes. Le génocide, un discours qui n’a pas lieu d’être au Cameroun.

Les sécessionnistes ont voulu se servir des manifestants comme chair à canon pour faire croire que les pouvoirs publics étaient en train d’exterminer les populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. C’est ainsi qu’ils ont programmé l’indépendance de l’État fantoche d’Ambazonia le 1er octobre, mobilisé et drogué des milliers de jeunes désœuvrés, distribué des drapeaux aux couleurs de cet État qui n’existe que dans leurs esprits.

A vrai dire, ils ont beau être des rêveurs, mais ces gens ne se faisaient aucune illusion. Il n’y avait aucune chance qu’une quelconque indépendance soit proclamée en territoire camerounais.  L’État du Cameroun en tout cas ne pouvait pas laisser faire. Et aucun État au monde ne peut laisser faire.

Mais l’espoir des sécessionnistes était ailleurs : convaincus que l’État allait déployer les forces de l’ordre pour barrer la route aux insurgés, il fallait que des milliers de gens descendent dans la rue, bravant ainsi les instructions des autorités administratives qui demandaient aux populations de rester chez elles pour éviter tout affrontement.

L’affrontement, c’est justement ce que recherchaient ceux qui sont derrière cette entreprise diabolique. Faisant fi de nombreux appels à la retenue, ils ont lâché des milliers d’agitateurs dans les rues de certaines villes, avec l’espoir qu’il y aurait des affrontements avec un maximum de victimes, des centaines de « morts anglophones » si possible, qu’ils iraient ensuite présenter dans les chaines de télévision et les réseaux sociaux pour susciter la compassion de l’opinion nationale et internationale.

Dans le chronogramme des activités de la proclamation de l’« indépendance », le « gouvernement du Southern Cameroons /Ambazonia » avait en effet prévu que dès le 2 octobre, il enverrait une mission aux Nations-Unies, au Commonwealth, à l’Union européenne et à l’Union africaine. En même temps des sit-in allaient être organisés devant les Hauts commissariats de Grande Bretagne et du Canda, les ambassades des Etats-Unis et de France, etc.

Des délégations, à ce qu’il semble, avaient déjà été constituées. Elles devaient arriver les mains chargées des milliers de morts du 1er octobre, les victimes du génocide que les sécessionnistes avaient eux-mêmes programmé. Le plan semblait imparable aux yeux de ses concepteurs.

Sauf que des milliers de morts attendus, il n’y en aura qu’une dizaine. Ce qui n’est pas rien, j’en conviens.  Mais, croyez-moi, il y en a qui sont déçus parce que cela n’arrange pas leur plan. Le professionnalisme des forces de l’ordre est passé par là. Les hommes en tenue, qui ont quelques fois essuyé des tirs de manifestants embusqués, ont fait preuve de retenue. Et quand ils ont été obligés de réagir, c’était, selon de nombreux témoignages, généralement en situation de légitime défense.

Les montages grossiers de morts vus sur Internet n’ont convaincu personne. La grand-mère de Muyuka, dont l’image a fait le tour du monde, est bel et bien vivante.

Bien que le bilan ne soit pas celui attendu, voire espéré, les sécessionnistes qui s’étaient déjà passé le mot, vont s’évertuer à parler de génocide.  Non, ils se trompent. Parler de génocide au Cameroun est, pour dire le moins, indécent.

J. Daniel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

9 + huit =