Où est la frontière entre Akere Muna et les sécessionnistes du SCNC?

Avec l’annonce le week-end dernier de la candidature d’Akere Muna à l’élection présidentielle de l’année prochaine, on peut affirmer, sans risque d’être démenti que les masques sont en train de tomber.

Me Akere Muna: si loin que ça du SCNC?

En effet, depuis le début de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, l’avocat et ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Cameroun s’est livré à un jeu plutôt trouble, à un point tel qu’on s’est demandé, il y a quelques mois, s’il n’était pas plus pyromane que sapeur-pompier.

Il était en effet aisé pas de constater que le fils de Salomon Tandeng Muna était de ceux qui soufflaient sur les braises avec l’espoir de tirer les marrons du feu, à travers ses tribunes publiées dans la presse et ses prises de position dans les débats médiatiques.

En fait, alors que le président Paul Biya mettait tout en œuvre pour que la situation se normalise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, on se serait attendu à ce que les Camerounais de bonne volonté, les patriotes soucieux du devenir de leur pays, apportent leur contribution en vue de l’apaisement.

Mais au lieu de cela, Me Akere Muna, dont on peut dire que la voix compte dans la société civile camerounaise, en général, et auprès des Camerounais d’expression anglaise, en particulier, a plutôt soufflé sur les braises.

Lui qui est avocat et ancien bâtonnier n’est jamais intervenu pour demander à ses confrères anglophones de mettre fin au boycott des prétoires, alors que le président Paul Biya et le gouvernement avaient donné suite à leurs exigences.

Lui, l’intellectuel, qui a fait ses classes dans de grandes universités aux Etats-Unis et ailleurs, n’est jamais intervenu pour demander, parce qu’il y va de leur intérêt, qu’on laisse les enfants aller à l’école. C’est à se demander de quel côté se trouvait son intérêt.

Par contre, au moment où un consensus était plus que jamais nécessaire, l’avocat s’est très souvent mué en procureur. Me Muna ne s’est jamais privé de faire le procès de ceux qui gouvernent le Cameroun, qu’il qualifie de « clique d’oligarques », et qu’il accuse d’avoir divisé pays.

Il y a mieux : Akere Muna est, comme par hasard, l’un des tenants du discours sur le « génocide anglophone ». Avec les extrémistes du Southern Cameroons/Ambazonia Council, il lui est attribué la paternité d’une correspondance adressée à certaines institutions internationales dans laquelle le gouvernement camerounais serait accusé de génocide.

Akere Muna accuse les autres d’avoir divisé le Cameroun, mais, curieusement, son projet politique repose sur le retour au fédéralisme. Lui qui veut diriger le Cameroun cherche d’abord à s’affirmer comme le défenseur d’une cause régionale. Il se veut anglophone avant d’être Camerounais…

En réalité, je cherche encore la limite entre ce néo-candidat déclaré à la présidentielle de 2018 et les extrémistes qui œuvrent pour la partition du Cameroun, et je ne la vois pas. D’où donc la question de savoir de quel pays il a l’intention de devenir président.

J. Daniel

 

 

 

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