crise anglophone : les sécessionnistes avaient un agenda caché dès le début

Avec la tournure prise ces derniers temps par la crise la crise anglophone, certains observateurs pensent que la situation a évolué des revendications corporatistes vers un problème identitaire du fait du manque de réactivité du Gouvernement. Notre avis est qu’ils font preuve de naïveté.

Certains autres soutiennent que « les leaders initiaux du mouvement – des personnes raisonnables -ont été marginalisés et remplacés par des figures radicales et souvent irresponsables ».

Si la radicalisation de la crise est évidente, il devient surréaliste d’affirmer que les revendications corporatistes n’ont pas été adressées et surtout d’y voir la cause de cette radicalisation.

A posteriori, on peut se demander s’il s’agissait simplement de revendications corporatistes. Parce que, tout en étant très marginal, le mouvement sécessionniste, incarné par le SCNC existe depuis des années, et a toujours essayé de donner des signes de vie autour de la date du 1er octobre. Et ce n’est pas un hasard si les mouvements de grèves des avocats et des enseignants anglophones sont lancés concomitamment le 10 octobre.

Ensuite, l’on ne peut pas dire que le pouvoir n’a pas réagi favorablement, car, en effet, dès que les syndicalistes ont fait connaitre leurs revendications, le président de la République a demandé que des mesures urgentes soient prises pour y donner suite; le Premier ministre, en personne, a rencontré les leaders syndicaux à Bamenda. Des négociations ont eu lieu entre le gouvernement et les syndicats. Et des réponses apportées aux exigences des syndicalistes. L’excellente tribune de M. Joseph LE que nous avons partagée sur cette page, et qui présente dans le détail les revendications des syndicats et les réponses du gouvernement, est à ce sujet extrêmement édifiante.

Il faut rappeler que les revendications des syndicats figuraient sur un ordre du jour des négociations formelles avec le gouvernement. Que cet ordre du jour était épuisé quand, tout à fait de manière inattendue, les syndicats ont posé sur la table un autre point qui ne figurait pas dans cet ordre du jour, celui de la forme de l’État.

Il faut dire, au demeurant que ce point, qui relève de la Constitution, ne pouvait en aucun cas être discuté par l’instance qui s’était réunie à Bamenda.

Le fait que le leader du syndicat des enseignants, en l’occurrence M. Tasang, soit par la suite devenu le vice-président du SCACUF, vient battre en brèche la thèse selon laquelle l’attitude du pouvoir a conduit à une radicalisation du mouvement. Il y avait de toute évidence un agenda caché.

En réalité, il apparait clairement que la crise dans laquelle les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont aujourd’hui plongées a été conçue et planifiée par des individus qui n’ont d’autre ambition que la partition du Cameroun.

 Et alors que le président de la République et le Gouvernement s’attelaient à satisfaire les revendications corporatistes, des individus qui avançaient masqués, faisant dans la mauvaise foi et la surenchère.

A la main tendue du président Paul Biya, ils ont opposé intimidations, menaces et violences. Ils ont mis à mal le vivre-ensemble des Camerounais et pris en otage tout un peuple qui ne demande qu’à vivre en paix. Ils ont perturbé le déroulement de l’année scolaire et brulé des établissements scolaires.

 Ils ont organisé des villes-mortes qui déteignent gravement sur le quotidien des populations et l’économie du pays. Ils ont posé des bombes, défié l’autorité et appelé à l’insurrection pour que des innocents soient tués.

Toujours soucieux de parvenir malgré tout à un retour à la normale, le président Paul Biya appelle au dialogue. Mais une chose est cependant certaine : il ne pourra pas permettre la partition du Cameroun.

 Et comme il le fait depuis le début de la crise, il usera de tous les moyens constitutionnels et légaux pour maintenir l’unité et l’intégrité territoriale du Cameroun, assurer la protection des hommes et des biens dans les régions anglophones comme sur toute l’étendue du territoire national.

J. Daniel

 

 

 

 

 

 

 

 

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