Avec le meeting prévu à Douala, le SDF veut jeter de l’huile sur le feu

Voici encore une actualité qui vient prouver que certains hommes politiques font feu de tout bois pourvu qu’ils en tirent un quelconque bénéfice personnel. Il en est par exemple ainsi des responsables du SDF qui ont programmé un meeting à Douala, soi-disant pour soutenir les populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun prises en otage depuis environ un an par des extrémistes. Mais, en réalité, ils avaient un agenda caché.

A priori, une bonne idée que, tous, nous avons applaudie des deux mains. En effet, quoi de plus normal que des compatriotes expriment leur solidarité et leur compassion avec d’autres compatriotes qui vivent une situation difficile. La surprise aurait été que les Camerounais des huit autres régions restent indifférents en pareille circonstance.

De même, dans un pays des libertés, et le Cameroun en est un, l’autorité administrative ne saurait s’opposer à une telle initiative. Il y a lieu de rappeler que les manifestations publiques sont placées sous le régime des déclarations. Et c‘est la raison pour laquelle, le sous-préfet de Douala 1er a délivré le 12 octobre dernier un récépissé de déclaration de manifestation publique avec occupation temporaire de la voie publique pour que la manifestation programmée par M. Jean Nintcheu, le responsable régional du Littoral du SDF, puisse avoir lieu.

Il faut relever, en passant, que la loi engage l’organisateur de la manifestation à ne modifier ni l’objet, ni l’heure, ni le lieu du meeting, ni l’itinéraire de la marche sans en prévenir au préalable l’autorité administrative qui est, il faut le rappeler, le garant de l’ordre public.

Mais quelle n’a pas été notre surprise lorsque, l’autorisation de manifestation du sous-préfet à peine obtenue, les responsables du SDF se sont mis à présenter, à travers des déclarations dans la presse notamment, son obtention comme un haut fait d’armes, quelque chose qu’ils auraient « arraché »… Les choses se passent dès lors comme s’il y avait anguille sous roche.

M. Nintcheu, lui-même, s’est particulièrement illustré depuis lors par des sorties médiatiques dans lesquelles il annonçait une manifestation de soutien au fédéralisme. Dans la même veine, des messages tendancieux circulent à travers les réseaux sociaux ainsi que divers tracts séditieux.

Et comme il fallait s’y attendre, profitant de la brèche ainsi ouverte par le représentant du SDF, des activistes jusque-là embusqués, se sont révélés au grand jour. On a, par exemple, noté des messages invitant les militants à venir manifester avec le drapeau bleu et blanc, celui des sécessionnistes, et un tas d’autres choses qui n’ont plus rien à voir avec le soutien aux populations du Nord-ouest et du Sud-ouest annoncé dans la déclaration de manifestation publique.

Il est clair que, alors que la situation est encore que difficile dans les régions anglophones, et alors que le gouvernement et les hommes de bonne volonté sont à pied d’œuvre pour un retour à la normale, le SDF tente pour sa part de jeter de l’huile sur le feu.

Il est évident que les organisateurs de la manifestation programmée pour ce samedi se sont écartés très nettement de l’objet qu’ils avaient préalablement annoncé. Et comme il fallait s’y attendre, certains hommes politiques, y compris de l’opposition, ont condamné la démarche du parti du parti de M. Fru Ndi. De même, les chefs traditionnels Sawa et le Ngondo ont condamné cette entreprise, et appelé les populations à garder le calme

On comprend parfaitement alors pourquoi, tout en respectant la loi, l‘autorité administrative ait pris la décision d’interdire le meeting et la marche du SDF prévus à Douala ce 21 octobre.

J.Daniel

 

 

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