Qui dit qu’une visite présidentielle est la panacée?

Le Président Paul Biya lors de la célébration du cinquantenaire des armées

Depuis quelque temps, on entend dire que pour un retour à la normale dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, il faut que le président Paul Biya se rende dans ces régions pour parler directement à ses compatriotes. Une autre piste, après tant d’autres qui n’ont pas donné le résultat souhaité.

Cette attitude nous amène, entre autres, à penser à ces activistes qui étaient détenus pour leur implication présumée dans les incidents graves enregistrés dans les régions anglophones. On présentait la libération de ces individus comme la condition sine qua non d’un retour à la normale et, notamment, d’une rentrée scolaire sans hic dans les régions concernées. Pour y donner suite, le président de la République a ordonné la fin des poursuites, sans que pour autant la rentrée se fasse comme on le souhaitait.

Depuis quelque temps, on semble soutenir qu’une visite du chef de l’État est la panacée pour un retour à la normale dans les régions concernées.

A vrai dire, l’on ne saurait s’opposer à une visite du président de la République à Bamenda, Buea, ou ailleurs. Parce qu’il a le droit d’aller partout où il veut sur le territoire national, si besoin est. D’ailleurs, ces deux capitales régionales ont accueilli, il n’y a pas bien longtemps, le président Paul Biya à l’occasion du cinquantenaire de l’armée et des cinquantenaires de l’indépendance et de la réunification qui y ont été célébrés avec faste.

Mais le discours qui tend à consacrer la visite du chef de l’État à Bamenda comme seul et unique moyen de sortir de la crise m’inspire quelques réflexions.

Car, voyez-vous, Paul Biya a fait ce qu’il fallait pour le retour à la normale, n’en déplaise aux détracteurs qui veulent faire croire que rien n’a été fait jusqu’ici par le chef de l’Exécutif. Que n’a-t-il en effet pas entrepris pour mettre fin à la grève des enseignants et des avocats anglophones, pour que les enfants reprennent le chemin de l’école, bref pour que la vie reprenne son cours normal…

Mais que constate-t-on? Chaque fois que le président de la République apporte une réponse à une demande, le problème lui n’est pas résolu. Et du coup, un autre problème surgit… Chantage, surenchère et violences. Voilà ce qui est opposé au chef de l’État.

Il n’est pas impossible que Paul Biya effectue cette visite, parce que « mendiant » de la paix et soucieux du bien-être de ses concitoyens. Mais que ne va-t-on pas encore lui demander après cette visite?

J. Daniel

 

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