Crise anglophone : le nécessaire lien armée-nation

Après la déclaration du président Paul Biya jeudi dernier au sujet de l’escalade de violence dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, les sécessionnistes et leurs affidés ont beau jeu d’affirmer que le gouvernement avait déclaré la guerre aux populations. Ceci a provoqué une certaine panique dans certains milieux, notamment dans le département de la Manyu où quatre militaires et deux policiers venaient d’être lâchement assassinés par des individus se réclamant d’un mouvement sécessionniste.

Il faut souligner que le Président de la République, homme d’État respectable et respecté, reconnu par ailleurs pour son humanisme, ne saurait en aucun cas déclarer ou faire la guerre à son peuple pour la sécurité duquel d’ailleurs, il met tout en œuvre.

En fait, dans cette déclaration, Paul Biya salue la mémoire des soldats assassinés et présente ses condoléances à leurs familles, ainsi qu’à nos vaillantes forces de défense et de sécurité.  Mais le président ne se contente pas de compatir. Il fait le constat selon lequel, « le Cameroun fait l’objet d’attaques à répétition d’une bande de terroristes se présentant comme membres d’une organisation sécessionniste ». Avant d’ajouter que « toutes les dispositions sont prises pour que la paix et la sécurité soient préservées dans ces deux régions ».

Oui, Paul Biya a déclaré la guerre à une bande de terroristes se présentant comme membres d’une organisation sécessionniste. Des individus qui, en l’espace de trois semaines ont lâchement assassiné 10 militaires et policiers portant l’uniforme de leur propre pays et en mission de maintien de la paix et de l’intégrité territoriale, sont les premiers à pousser des cris d’orfraie.

Ces terroristes accusent le gouvernement de vouloir faire la guerre aux populations qu’ils ont eux-mêmes pris en otages depuis un an à travers des opérations villes-mortes, en empêchant les élèves d’aller à l’école, en posant des bombes pour tuer de paisibles citoyens qui ne demandent qu’à vivre en paix.

Leur propagande se déploie à travers les réseaux sociaux et d’autres canaux acquis à leur cause. Mais l’État du Cameroun ne peut pas se soustraire à un devoir régalien, celui de protéger son territoire et d’assurer la sécurité de ses citoyens et de leurs biens.

L’ordre ayant été perturbé, l’État doit s’employer à le rétablir. Or, ainsi que l’a affirmé le ministre Joseph Beti Assomo devant les députés, « nous sommes bien au-delà du maintien de l’ordre, nous sommes devant la menace d’un autre genre. Lorsqu’il y a une menace spéciale, il faut également une réponse spéciale ». L’État va donc recourir aux moyens qui sont les siens pour faire face à la menace.

 La stratégie des sécessionnistes visant à opposer les populations aux forces de défense, il faut se réjouir de ce que des actions civilo-militaires en direction des populations seront menées concomitamment à celles visant à assurer la sécurité des populations. Il s’agit en fait d’entretenir le lien armée nation, comme c’est le cas dans la région de l’Extrême-nord. On peut compter sur le professionnalisme de nos forces de défense et de sécurité ainsi que sur le patriotisme des populations pour y parvenir.

J. Daniel

 

 

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