Les députés  SDF, comme de mauvais garçons…

En parcourant la presse ce matin, je suis tombé sur un titre qui m’a laissé pantois : un député du SDF, comme pour s’en vanter, proclame que l’ « opération blocus du parlement, zéro plénière » n’est pas terminée. Il s’en vante, mais il devrait en avoir honte. Parce que le spectacle que ces gens donnent à voir ne les honore pas, tout comme il n’honore pas notre pays.

Souvenez-vous que les députés sont des élus, c’est-à-dire des hommes et des femmes choisis parmi la multitude. Ce sont des gens qui doivent se distinguer, être des modèles, donner le bon exemple. D’ailleurs, on les appelle « Honorables ». Mais de les voir se comporter devant la représentation nationale comme de mauvais garçons, a quelque chose de choquant et de frustrant. Pour la plupart, ce sont pourtant des gens d’un certain âge, un âge respectable. Ils doivent tous avoir des fils qui ont atteint l’âge de raison, des petits-fils et même des arrières-petits fils, qui ne seraient pas heureux de les voir se comporter comme ils le font.  En tout cas, on est mal à l’aise de les voir s’agiter, provoquer le chahut au sein d’une institution aussi respectable que l’assemblée nationale. Ils sont allés jusqu’à vouloir empêcher le Premier ministre de prendre la parole au sein de l’hémicycle…Un comportement pour le moins indigne de personnalités de l’envergure. Quelle leçon donnent-ils aux jeunes générations?

Les députés du SDF affirment que la session de novembre qui, soit dit en passant, est en train de s’achever, ne saurait se dérouler tant que la question de la crise dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest ne sera pas inscrite à l’ordre du jour des discussions. D’accord. Mais n’y a-t-il pas une procédure pour ce faire? Que prévoient les statuts et le règlement intérieur de cette institution? Est-on obligé de venir se donner en spectacle pour se faire entendre?

Il faut en effet dire que les statuts et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale ont tout prévu pour que les choses se passent comme dans une démocratie. Et le SDF le sait. Mais il faut rappeler qu’au départ, ce parti avait d’abord opté pour le boycott de la session. Par la suite, s’étant rendus compte que les choses pourraient bien se passer sans eux, ses députés ont choisi de venir faire dans la provocation en perturbant le déroulement des séances plénières.

On peut aller plus loin dans l’analyse : certains députés du SDF ont pris langue avec les sécessionnistes qui leur demandent de ne pas retourner à l’Assemblée nationale, mais de se rendre plutôt à Buea pour y siéger dans un parlement fantôme. Bien entendu, il eût été ridicule pour ces députés de suivre un tel mot d’ordre. Mais, en même temps, ils ont voulu donner quelques gages à leurs interlocuteurs, une façon de leur dire « nous sommes ensemble ». D’ailleurs, le chef des sécessionnistes, un certain Sisiku, ne les a-t-il pas ouvertement félicités pour avoir repris en cœur les chansons de leur État fantôme…?

Croyant pouvoir tirer quelques dividendes de la crise qui prévaut au Nord-ouest et au Sud-ouest, le SDF joue avec le feu. Il pourrait le payer très cher.

J. Daniel

 

 

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