Patrice Nganang, vraiment décevant

Depuis l’arrestation de Patrice Nganang, j’observe avec beaucoup de curiosité les réactions de ceux qui disent être ses soutiens, et je suis très surpris par certains raisonnements. Je crois qu’avant d’apposer sa signature sur un document qui réclame sa libération, chacun de nous doit se poser un certain nombre de questions.

Mon problème ce n’est pas tant sa chronique publiée par Jeune Afrique, qui ne nous apprend pas grand-chose de nouveau par rapport à ce que nous savions déjà sur la crise que connaissent les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, en particulier, et le Cameroun dans son ensemble. Mon souci, c’est avec son post sur sa page Facebook que chacun de nous peut lire et apprécier.

En réalité, la lecture de ce post me laisse pantois. On dit, et il l’affirme lui-même, qu’il est enseignant d’université, pas n’importe où, aux Etats-Unis. Il est aussi écrivain, et pas n’importe lequel, puisqu‘il a remporté un prix. Ce qui, convenons-en, n’est pas donné au premier venu. Donc, on devrait être fier de compter un compatriote aussi brillant, quelqu’un qui, à première vue, porte haut l’étendard du Cameroun.

A première vue seulement. Parce que, pour ne rien vous cacher, son post me perturbe.  J’ai l’impression que pour Nganang, être enseignant d’université, être écrivain, avoir une Zimbabwéenne comme épouse, vivre aux Etats-Unis, lui donne tous les droits. Je suis surtout surpris que quelqu’un qui a fait d’aussi bonnes études puisse parler de manière aussi triviale. Il y a vraiment un fossé entre éducation et instruction…

Qu’il n’ait aucune considération pour son pays, ses compatriotes et le chef d’État, me semble absolument inconcevable. Qu’il parle de lui tirer une balle dans le front à un homme qui pourrait bien avoir l’âge de son père, me semble absolument inadmissible. Ce Monsieur est capable de parricide. Qu’il invective Paul Biya en recourant à un vocabulaire de caniveau est tout simplement dégoûtant. Nganang est décevant.

Patrice Nganang dit qu’il enseigne de petits blancs depuis qu’il a 26 ans. C’est bien. Mais qu’il soit obligé de le clamer me parait relever de la fanfaronnade. Je suppose que, s’il peut lire le post de cet enseignant, le président de son université va être fier de lui; que les parents de ses étudiants seraient fiers d’avoir un sujet aussi brillant pour enseigner leurs enfants. Qu’ils nous disent, tous ceux qui affirment le soutenir et qui signent des pétitions, s’ils peuvent eux aussi parler comme ce compatriote.

Le « Banganté » devenu Full professor au State University of New York, Stonybrook, dit qu’il a grandi quelque part à Nkomkana, un quartier populaire de Yaoundé. Tout le monde n’est heureusement pas comme ça.  Mais lui, ça doit lui coller à la peau.

J. Daniel

 

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