Paul Biya tranche le débat sur le dialogue

Le discours du président Paul Biya à la Nation le 31 décembre dernier était très attendu. Non seulement parce qu’il allait dresser comme d’habitude l’état de la Nation, mais aussi et surtout parce qu’il allait fixer les uns et les autres sur l’évolution de la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis un an. Et sur ce dernier point, Paul Biya a été on ne peut plus clair, notamment sur la question du dialogue.

Tout le monde, et Paul Biya le premier, est d’accord pour dire que le dialogue est la voie idoine pour sortir le Cameroun de la crise qui secoue ses deux régions occidentales, le Nord-ouest et le Sud-ouest. Mais l’on se comporte comme si le dialogue n’avait jamais eu lieu…

Et pourtant, on se souvient que dès le déclenchement de la grève des avocats et des enseignants anglophones, Paul Biya a dépêché le Premier ministre, chef du gouvernement, et des membres du gouvernement pour écouter les syndicats de grévistes et voir avec eux les moyens d’apporter des solutions à leurs revendications. Le dialogue a bel et bien eu lieu et a permis de discuter de tous les revendications des syndicalistes grévistes.

Il a fallu qu’un point qui n’avait rien à voir avec les problèmes corporatistes soit posé sur la table. Dans ces conditions, les officiels qui avaient été dépêchés pour conduire les négociations déclarent leur incompétence pour en discuter. Il va s’avérer plus tard, que des individus embusqués derrière les syndicats avaient un agenda caché. C’est pour cette raison qu’ils ont usé de mauvaise foi et de surenchère pour mener la crise au point où elle est aujourd’hui rendue.

Mais le président Paul Biya, mu par la volonté de résoudre cette crise, n’a pour autant pas abandonné la partie. Multipliant les initiatives, il a dépêché des missions jusque dans les villages du Nord-ouest et du Sud-ouest, pour porter son message de paix et surtout écouter les populations et toutes les forces vives et lui en faire un rapport. En termes de dialogue, il est difficile de faire mieux. Les rapports de ces missions ont déjà été transmis au chef de l’État et leur traitement est en cours. Nul doute que Paul Biya en tirera en temps opportun les leçons qui conviennent.

Dans ce contexte, et alors que des individus se sont confortés dans un statut de terroristes, brûlent, cassent et tuent y compris des hommes en tenue, d’où vient-il que certains continuent de faire comme s’il n’y avait jamais eu de dialogue?

Paul Biya a donc tranché : le dialogue a déjà eu lieu et il se poursuit. Ce qui reste à faire, c’est sécuriser totalement les zones où certains individus, qui rêvent de la partition du Cameroun, sèment la terreur; accélérer le processus de décentralisation et parachever la mise en place des institutions prévues par la Constitution de 1996 pour donner une plus grande marge de manœuvre aux régions et aux collectivités territoriales décentralisées. Et 2018 devrait servir à cela.

Voilà qui est clair.

J. Daniel

 

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