Dette intérieure de l’Etat du Cameroun : Le gouvernement prend l’option de l’apurement en 2018

Au cours de l’année budgétaire 2017, l’attention accordée au règlement des factures des différents prestataires de l’Etat du Cameroun n’a pas été au niveau des attentes. Cette situation pourrait s’expliquer par la survenue d’un ensemble d’événements socio-politiques qui ont perturbé les priorités planifiées par le gouvernement de la République du Cameroun.

Ces événements incluent la guerre contre la nébuleuse Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, les revendications corporatistes dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, et les dérives sécessionnistes et terroristes concentrées dans le département de la Manyu, région du Sud-Ouest. Le gouvernement a toujours trouvé les moyens financiers et logistiques pour remporter les victoires qui préservent la paix, protègent l’intégrité territoriale du pays. En sacrifiant au passage d’autres postes de dépense névralgiques.

Ces choix stratégiques du gouvernement ont, à l’évidence, ralenti le rythme de traitement des dossiers des partenaires incontournables de l’Etat que sont les opérateurs économiques, au premier rang desquels les promoteurs des petites et moyennes entreprises qui, pour la plupart, ont tiré le diable par la queue en 2017.

Dans son traditionnel message à la nation le 31 décembre dernier, le président Paul Biya n’a pas dissimulé sa profonde préoccupation relativement au mauvais vent qui a soufflé sur les finances des PME camerounaises courant 2017. Paul Biya y annonce donc de bons moments pour le financement de cette catégorie d’entreprises en 2018. Quelques jours plus tard, comme s’il s’agissait d’un conte de fées, on apprend que le gouvernement a ouvert dans les livres de la Banque camerounaise des Petites et Moyennes entreprises, une ligne de crédit de 62,5 milliards de F CFA qui attendent les projets montés par les PME camerounaises. Ce n’est pas tout.

Selon la Caisse Autonome d’Amortissement, organisme public chargé de la gestion de l’endettement de l’Etat placée sous la tutelle du ministère des finances, la dette intérieure de l’Etat du Cameroun est évaluée à 560 milliards de FCFA. Très importante pour laisser le président Paul Biya indifférent.  Le chef de l’Etat camerounais prescrit à ses collaborateurs de tenir grand compte de cette situation lors de l’élaboration du budget 2018. Ses instructions sont littéralement respectées.

Le projet de loi portant budget de l’Etat pour 2018, adopté par les deux chambres du parlement et promulgué par le président de la République, constitue en son sein une provision de plus de 400 milliards de FCFA pour accélérer le processus d’apurement de la dette intérieure en 2018. Cette prescription de Paul Biya représente également une source d’espoir légitime pour les petites et moyennes entreprises qui constituent, en tout temps et en tout lieu, le socle granitique du tissu économique d’un pays.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que le président Paul Biya engage, comme à l’accoutumée, le premier ministre, chef du gouvernement et les chefs des départements ministériels compétents à jouer leur part de partition dans l’option prise par les pouvoirs publics de restaurer définitivement la sérénité dans les rangs des prestataires de l’Etat du Cameroun en 2018.

J. Daniel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *