Quelqu’un a-t-il peur des urnes?

Le président Paul Biya a signé mercredi dernier d’importants décrets qui marquent une avancée importante dans la vie de la Nation. Parmi ceux-ci, je suggère que l’on fasse une halte sur celui qui convoque le collège électoral pour les élections sénatoriales du 25 mars 2018. Quant aux autres, ils portent respectivement organisation et fonctionnement du secrétariat du Conseil constitutionnel, désignation des membres de cette haute institution et de son président. On va y revenir.

Bien qu’attendues, les élections sénatoriales n’ont pas manqué, on ne sait trop pourquoi, de faire l’objet, chez certains acteurs de la scène politique nationale, de spéculations plus ou moins fantaisistes. Un peu comme si on pouvait ne pas les organiser ou les renvoyer à plus tard pour on ne sait quelle raison. Il en est d’ailleurs des sénatoriales comme des autres scrutins attendus cette année.

Or, dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2017, le président Paul Biya avait déjà annoncé que 2018 serait une année électorale. Pour ceux qui ont fait de la politique leur métier, ceci n’aurait dû servir que de rappel.  En effet, tous les mandats des conseillers municipaux, des députés, des sénateurs et du président de la République arrivant à leur terme, il était clair que des élections allaient être organisées cette année pour les renouveler.

Curieusement, comme s’ils avaient peur d’affronter le verdict du peuple souverain au travers des urnes, certains acteurs politiques ont donné l’impression de ne pas vouloir aller à ces élections, pourtant seul moyen pour les uns et les autres d’accéder aux différents postes électifs dans un système démocratique.

Apparemment, pour masquer leurs faiblesses, certains misaient sur la situation dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest pour que les élections n’aient pas lieu et, surtout, qu’un « dialogue national inclusif » soit organisé au bout duquel des institutions de transition seraient mises en place, véritable raccourci qui leur permettrait d’accéder à des positions de pouvoir… Peine perdue, cette conférence nationale déguisée n’aura pas lieu. Vigilant, Paul Biya ne va pas laisser faire.

Au moment où des crises surviennent dans certains pays à cause de la non tenue à date des échéances électorales, voici que, chez nous, des acteurs rechignent à aller aux urnes. Une situation on ne peut plus paradoxale. Et pourtant, ils vont devoir s’y soumettre s’ils veulent avoir le mandat du peuple et bénéficier du droit de parler en son nom.

Il faut considérer que la démocratie s’est installée au Cameroun avec, notamment, une de ses manifestations qui est le choix de ses dirigeants à travers le vote. Ce processus est irréversible. Que ceux qui se disent démocrates s’y fassent donc, une bonne fois pour toutes.

J. Daniel

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