Avec le Conseil constitutionnel, la démocratie camerounaise marque des points

L’audience du Conseil constitutionnel du 15 mars dernier consacrée au contentieux préélectoral des sénatoriales du 25 mars 2018 est, sans aucun doute, un test grandeur nature du fonctionnement de cette institution récemment mise en place par le président Paul Biya, mais aussi, un pas important marqué par la démocratie camerounaise. En attendant que les citoyens jouent leur partition.

On attendait de voir le conseil constitutionnel à l’œuvre depuis sa mise en place il y a quelques semaines. Le contentieux sur les listes de candidatures des partis politiques aux élections sénatoriales du 25 mars 2018 a donné l’occasion de le voir à l’œuvre.

Les juges de la haute juridiction, réunis autour de leur président, Clément Atangana, devaient se prononcer sur les six requêtes dont ils ont été saisis par les partis politiques ou leurs mandataires. L’audience, ouverte au public, s’est déroulée au palais des Congres de Yaoundé et retransmise en direct par la télévision nationale.

On a ainsi pu voir le sérieux avec lequel les requêtes sont examinées, la patience dont le conseil fait preuve pour permettre aux parties prenantes de s’exprimer, même quand on avait l’impression que certains requérants n’étaient pas toujours cohérents, ou qu’ils venaient poser ici des problèmes qui, selon toute évidence, ne relevaient pas de la compétence du conseil constitutionnel.

Et les verdicts qui ont été rendus, parce qu’ils ne souffraient d’aucune contestation, ont fait l’unanimité. De bon augure donc pour cette institution dont on attend, entre autres, qu’elle œuvre dans le sens de la transparence et la crédibilité des actions.

Mais, comme chacun le sait, il n’y a pas de démocratie sans démocrate. Et sur ce plan, il faut reconnaitre qu’il y a encore beaucoup à faire en termes d’éducation des Camerounais à la démocratie. Il y a fort à faire pour les Camerounais se familiarisent avec les lois qui les gouvernent.

On était quand même surpris de voir des gens se présenter devant le Conseil constitutionnel alors que le problème soulevé relève de la compétence de leur propre parti; certains autres ont encore du mal à faire la différence entre des institutions privées que sont les partis politiques, et les institutions que sont Elecam et le Conseil constitutionnel. Mais peut-être que tout cela, devrait-on dire, relève de l’apprentissage, passage obligé qui conduira un jour vers une démocratie bien comprise et assumée par tous.

Et sur ce terrain, les partis politiques et les ONG ont leur rôle à jouer aux cotés de l’Etat pour la formation et la conscientisation des citoyens.

J. Daniel

 

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