Pas de répit pour les prévaricateurs de la fortune publique

Les arrestations opérées depuis quelque temps sont la preuve que le président Paul Biya est déterminé à poursuivre la lutte contre la corruption et à ne laisser aucun répit aux prévaricateurs de la fortune publique.

Depuis le 19 mars dernier, un certain nombre de personnes ont été appréhendées et placées sous mandat de dépôt pour répondre de leurs actes devant la justice. Sur Basile Atangana Kouna, ex-ministre de l’Energie et de l’eau et ancien directeur général de Camwater, Max Ayina Ohandja, ancien secrétaire d’État aux Travaux publics et ancien directeur de l’Institut Universitaire de Technologie de l’université de Douala, Bruno Bekolo Ebe, ancien recteur de l’Université de Douala, Jean William Sollo, ancien directeur général de Camwater, pèsent de lourds soupçons de prévarication et de détournement de biens publics.

L’« Épervier», nom donné par la presse à cette opération de lutte contre la corruption et les détournements des biens publics, fait donc un véritable carnage. Et, apparemment, ce n’est pas fini. Un certain nombre de personnes occupant ou ayant occupé d’importantes fonctions de gestion sont en effet elles aussi interdites de quitter le territoire national. Elles sont, elles aussi, soupçonnées d’indélicatesse avec la fortune publique, et pourraient donc à tout moment, avoir à s’expliquer devant la justice.

Ainsi va l’opération Épervier. On pensait que l’arrestation et la condamnation d’un certain nombre de personnalités à de lourdes peines d’emprisonnement pouvait servir de leçon aux autres gestionnaires de fonds publics. Que non! Ils sont encore nombreux ceux des Camerounais qui pensent que « cela ne peut arriver qu’aux autres », que « ce sont les malchanceux qui sont pris ». Il y en a même qui, pour tenter de la discréditer, ont voulu faire croire qu’il s’agissait d’une opération visant à écarter des adversaires politiques… Aujourd’hui encore, il y en a qui tentent d’établir un lien entre ces arrestations et les élections programmées cette année. Comme s’il y avait un temps pour les élections et un autre pour lutter contre la corruption.

Et pourtant la vérité est là, crue. Les faits sont têtus. Le Cameroun fait malheureusement partie des pays les plus corrompus du monde. Ce qui déteint sur l’image de ce cher et beau pays. Sans compter les énormes préjudices que la corruption et les détournements des biens publics font subir au Trésor public. On estime qu’environ 40% de la richesse nationale qui aurait pu servir à améliorer le quotidien des citoyens camerounais est ainsi détourné par une poignée de prévaricateurs. Ce qui, nous en convenons tous, est très grave pour un pays qui aspire à l’émergence.

Doit-on en être fier? Assurément non. En tout cas pas le président Paul Biya qui a pris l’engagement devant ses compatriotes de traquer les auteurs de ces actes pour qu’ils puissent rendre gorge. Et de la parole aux actes, il a mis en place des structures de lutte contre la corruption : Contrôle supérieur de l’État, CONAC, ANIF, Tribunal criminel spécial, etc. Des individus, parmi lesquels d’anciens premiers ministres, des secrétaires généraux de la présidence de la République, des ministres, des directeurs généraux des entreprises publiques et parapubliques, des ambassadeurs, pour ne citer que les plus haut placés, ont été interpelés, traduits en justice et condamnés comme il se devait.

Certaines de ces personnalités, ont été des collaborateurs proches du chef de l’État. Mais qu’ils aient ainsi été condamnés sans aucune faiblesse, est la preuve que Paul Biya est déterminé à mener ce combat jusqu’au bout. Les changements intervenus il y a quelques mois à la présidence du TCS et les arrestations en cours sont là pour en témoigner

Et comme certains individus semblent ne pas comprendre ce qui se passe, eh bien, ils courent le risque d’être pris à leur tour. De toutes les façons, Paul Biya l’a promis : « la lutte contre la corruption va se poursuivre en s’intensifiant! ». A bon entendeur, salut…J. Daniel

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