Comment Paul Biya construit méthodiquement la démocratie au Cameroun

Deux illustrations permettent d’apprécier la manière dont le chef de l’État camerounais, Paul Biya, s’attèle, méthodiquement, à mettre en place une démocratie authentique au Cameroun : le gouvernement remanié le 2 mars dernier et les 30 sénateurs nommés la semaine dernière.

Il faut d’abord relever que le président Paul Biya a remporté, en 2013, par une très large majorité (77,98%), la dernière élection présidentielle. Par ailleurs, le RDPC, le parti du président Paul Biya, détient une confortable majorité au sein des deux chambres du parlement, l’Assemblée nationale (148 sièges sur 180) et le sénat (56 sur 70), par une large majorité, suite à ses écrasantes victoires aux législatives et aux sénatoriales de 2013. Les sénatoriales du 25 mars 2018 ont permis au parti présidentiel de renouveler et de renforcer cette majorité (63 sièges sur 70).

Avec la majorité obtenue par son parti à l’Assemblée nationale, le chef de l’État avait le droit et le pouvoir, s’appuyant sur la Constitution, de nommer un Premier ministre et de former un gouvernement issu uniquement de la majorité, comme cela se fait dans toutes les démocraties. Mais, dans un souci d’ouverture, et dans une démarche empreinte de pédagogie, Paul Biya a intégré dans le gouvernement un certain nombre de personnalités issues de formations politiques autres que le RDPC.  C’est ainsi que Bello Bouba, le président national de l’UNDP, occupe un fauteuil de ministre d’État. Deux autres de ses partisans ont été promus ministres délégués. Pour sa part, Mohamadou Badjika Ahidjo, fils du premier président de la République et membre de l’UNDP, a été promu ambassadeur itinérant. Dans la même logique, Issa Tchiroma Bakary, président du FSNC, occupe depuis plusieurs années le portefeuille de ministre de la Communication. Ahmadou Moustapha, président de l’ANDP, est ministre chargé de mission à la présidence de la République.

On l’a encore vu lorsqu’il a fallu nommer, conformément à la Constitution de la République, les 30 sénateurs qui doivent compléter la liste des 70 élus par le collège électoral le 25 mars dernier. Sans que rien ne l’y oblige mais tout en restant respectueux de la Constitution, le chef de l’État, toujours mu par cette volonté d’ouverture et dans un esprit de tolérance, fait entrer sept formations politiques au sein de la Chambre haute. Ce qui donne au Sénat la configuration suivante : RDPC (83), SDF (14 sièges), ANDP (01 siège), FNSC (01 siège) et UNDP (01 siège), UPC (1 siège).

C’est ainsi que Paul Biya construit la démocratie dans son pays. A chacun d’apprécier. Oui au multipartisme. Oui au respect des règles de la démocratie. Mais il ne faut jamais perdre de vue que les Camerounais, quelles que soient leurs affinités politiques, sont et demeurent tous fils et filles d’un seul et même pays.  Ils peuvent des rivaux politiques, mais en aucun cas, cela ne saurait faire d’eux des ennemis. Rien, en aucun cas, ne doit les diviser et, encore moins, les opposer.

La démocratie, telle que Paul Biya la conçoit, doit permettre aux Camerounais de travailler tous ensemble pour leur mieux-être, dans la paix. Elle ne doit servir à construire et non à détruire.

J.Daniel

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