Qui dit qu’une visite présidentielle est la panacée?

Le Président Paul Biya lors de la célébration du cinquantenaire des armées

Depuis quelque temps, on entend dire que pour un retour à la normale dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, il faut que le président Paul Biya se rende dans ces régions pour parler directement à ses compatriotes. Une autre piste, après tant d’autres qui n’ont pas donné le résultat souhaité. Lire la suite

Avec le meeting prévu à Douala, le SDF veut jeter de l’huile sur le feu

Voici encore une actualité qui vient prouver que certains hommes politiques font feu de tout bois pourvu qu’ils en tirent un quelconque bénéfice personnel. Il en est par exemple ainsi des responsables du SDF qui ont programmé un meeting à Douala, soi-disant pour soutenir les populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun prises en otage depuis environ un an par des extrémistes. Mais, en réalité, ils avaient un agenda caché. Lire la suite

Crise anglophone : l’option d’un dialogue républicain

En décidant d’envoyer dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest des délégations pour rencontrer les populations et les forces vives, le président Paul Biya prend l’initiative, une de plus, pour un retour à la normale dans cette partie du pays. Lire la suite

Crise anglophone : « Dialogue, le credo de Paul Biya », par Joseph LE

Comme une poussée de fièvre, « le problème anglophone » s’est emballé ce début du mois d’octobre 2017. Entre casses et tentatives de main-basse sur des édifices publics dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les postures des initiateurs et de leurs affidés se sont résolument radicalisées, au point où certains se sont enfermés dans une logique de « tout ou rien » selon qu’ils sont partisans de la partition de l’État, ou adeptes d’un retour au fédéralisme que le pays avait pourtant expérimenté, plus d’une décennie durant, après son indépendance il y a plus d’un demi-siècle.

En tout état de cause, il est désormais bien clair que l’on est définitivement sorti du champ des revendications corporatistes, socle sur lequel reposaient les premiers mouvements de grève des Avocats et des Enseignants, pour se situer dans un champ résolument politique. Dans ce cas-ci, les acteurs évoluent à visage masqué, rendant complexe toute tentative de rapprochement ou de discussion, même a minima, sur ces thématiques qui divisent ou sur lesquelles le Peuple camerounais a depuis longtemps tranché.

Face à cette radicalisation, des voix s’élèvent ça et là, qui prônent et scandent le dialogue comme voie de sortie définitive de la crise. Mais, au fait, de quel dialogue parle-t-on donc ? De celui qui a jusque-là cours, ou d’un dialogue fictif qui n’aurait jamais eu lieu ? Ou encore veut-on forcément imposer une forme de dialogue, alors même qu’il en existe plusieurs, et que, jusque-là, sous la haute impulsion du Chef de l’État, le Gouvernement n’a fait que cela: dialoguer.

A ceux qui l’auraient oublié, faisons-nous le devoir de rappeler que depuis le début de ces mouvements, le Gouvernement, sur haute instruction du Chef de l’État, a choisi la voie du rapprochement avec les leaders porteurs des revendications. Garant du bien-être de tous les Camerounais, le Président Paul BIYA est allé au-delà des attentes en dépêchant expressément des émissaires de haut niveau dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. D’abord le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, digne fils de cette partie du pays. Monsieur Philémon YANG est allé nouer le dialogue avec les forces vives locales dans des échanges à bâtons rompus dont certains extraits ont fait le tour des réseaux sociaux.

Ils sont bien nombreux, les actes forts pris par la suite par le Président de la République, dans le sens du renforcement du dialogue ainsi initié dès l’aube des tensions. A titre d’illustration, il y a lieu de rappeler quelques-uns:  la mise en place, le 29 novembre 2016, d’un Comité ad hoc, ayant pour mission l’examen en profondeur des préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones et la formulation des solutions adéquates. Au « Comité GHOGOMU », qui rassemble vingt-cinq (25) personnalités, dont trois membres du Gouvernement, des représentants des syndicats d’enseignants issus des deux régions concernées, et ceux des parents d’élèves, l’on doit une panoplie de mesures qui vont des questions liées à l’admission des étudiants dans les universités de tradition anglo-saxonne à la mutation des anglophones dans les établissements scolaires francophones, en passant par la représentation des anglophones aux postes d’enseignants et de personnels d’appui, le respect du principe d’équilibre régional, la durée et les diplômes des enseignements techniques et généraux du sous-système anglophone de l’Enseignement secondaire, etc. Dans cette instance de dialogue et de concertation, siégeait comme membre, un certain TASSANG Wilfred, syndicaliste, qui avait par la suite cru devoir claquer la porte des débats et quitter le Cameroun pour, par la suite, inonder les réseaux sociaux d’appels à la sécession aux cotés des tenants de la partition du Cameroun.

Sur le dossier des Avocats, le même esprit de dialogue et de débat a jusque-là prévalu. Le 22 décembre 2016 en effet, un Comité ad hoc, piloté par Jean Pierre FOGUI, Ministre Délégué auprès du Ministre de la Justice, a été chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations des Avocats anglophones. Au cours de diverses assises dont les premières datent des 27 et 28 décembre 2016, plusieurs recommandations ont été faites et des décisions prises en rapport avec les revendications clés relatives à la restitution des robes et perruques confisquées ; aux poursuites contre les agents de maintien de l’ordre qui auraient violenté des avocats ; aux mutations des personnels judiciaires francophones ne maîtrisant pas la langue anglaise ; à la création au sein de la Cour Suprême d’une section spéciale chargée de recours contre les décisions rédigées en anglais ; à la création d’un département de Common Law à l’ENAM, etc.

Bien plus, faisant suite aux hautes instructions présidentielles destinées à favoriser une meilleure administration de la justice dans les régions du Nord-ouest et Sud-ouest, des groupes de travail ont été mis en place sous la houlette du Ministre d’État Laurent ESSO et des Ministres Jacques FAME NDONGO et Michel Ange ANGOUING. Objectifs: le renforcement des capacités des personnels anglophones, la détermination du contenu des programmes de formation des élèves de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) et de celui des programmes d’enseignement des matières juridiques en vue d’une carrière judiciaire.

Pour bien montrer son attachement au dialogue inclusif et durable, le Président Paul BIYA a créé le 23 janvier 2017, la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM). Cette institution est dirigée par Peter MAFANY MUSONGE, ancien Premier Ministre, Chef du Gouvernement, originaire du Sud-ouest. Aux termes du Décret de création, des personnalités reconnues œuvrent, dans ce cadre républicain  » à la promotion du bilinguisme, du multiculturalisme au Cameroun, dans l’optique de maintenir la paix, de consolider l’unité nationale du pays et de renforcer la volonté et la pratique quotidienne du vivre-ensemble de ses populations. » La Commission peut également accomplir des« missions de médiation ». Le Nord-Ouest et le Sud-ouest y sont représentés, chacun, par trois (03) membres. C’est une indication que la crise anglophone a fortement impacté sur le choix des hommes.

Au-delà, de nombreuses autres initiatives sont à relever. A l’instar de celle de  GARGA HAMAN ADJI qui est allé à la rencontre de divers acteurs de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest à la demande, avait-il déclaré en janvier 2017, du Président PAUL BIYA. Rappelons que Monsieur GARGA HAMAN ADJI est le Président National de l’Alliance pour la Démocratie et le Développement (ADD), formation politique d’opposition avec laquelle le RDPC, parti au pouvoir, n’a noué aucun accord politique. Son implication comme médiateur traduit à l’évidence la volonté du Chef de l’État de se situer au-dessus des considérations partisanes en faisant appel à tous les Camerounais de bonne volonté, pour trouver une issue favorable à cette crise.

Par ailleurs, dans la série d’actions visant à maintenir le dialogue, l’on note qu’au mois de mars 2017, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement s’est encore rendu dans le Nord-Ouest pour échanger avec les élites et les populations sur des doléances auxquelles le Gouvernement a rapidement accédé.

De même, les chefs des départements ministériels en charge de l’éducation (Éducation de base, Enseignements secondaires et Enseignement supérieur) ont depuis l’année dernière maintenu une remarquable présence sur le terrain et maintenu le dialogue avec la communauté éducative.

Comment enfin ne pas évoquer ces missions gouvernementales dépêchées en août dernier auprès de certains gouvernements étrangers, de l’ONU et de la diaspora camerounaise ? Ces missions, dont le but était de mettre à disposition la bonne information sur la situation réelle dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ont, pour certaines, été perturbées par des activistes hostiles au…dialogue.

Autant de repères qui démontrent à suffisance que le Président Paul BIYA est un homme de paix et qu’il connaît, bien mieux que quiconque, les vertus du dialogue. Celui-ci ne sera véritablement possible, dans le cas actuel, que lorsque tous les prérequis seront remplis, au rang desquels ceux liés aux interlocuteurs bien identifiés et suffisamment représentatifs, d’une part, ceux liés aux thèmes qui ne remettraient pas en cause les fondements de l’État, d’autre part. S’exprimant sur le sujet dans le cadre de son message à la Nation le 31 décembre 2016, le CHEF DE L’ETAT s’est voulu très clair à cet effet :   « Que l’on se comprenne bien, il n’est pas interdit d’exprimer des préoccupations dans la République. En revanche, rien de grand ne peut se construire dans la surenchère verbale, la violence de rue et le défi à l’autorité. Seul le dialogue serein permet de trouver et d’apporter des solutions durables aux problèmes… Et cela, dans le strict respect de notre Constitution et de nos Institutions. »

A l’évidence, le dialogue, aujourd’hui exhibé comme une idée géniale et par trop originale pour résorber l’actuelle « crise anglophone », n’a jamais fait défaut. Comment pouvait-il d’ailleurs en être autrement lorsqu’on sait l’attachement quasi-viscéral du Président Paul BIYA à cette valeur fondamentale dont il a fait sa marque de fabrique, voire son credo, tout au long de son magistère !

En reconnaissance de l’ensemble de son œuvre comme homme de dialogue, épris de paix et pétri de sagesse dans la résolution des conflits, il s’est vu décerner des distinctions qui honorent sa méthode et son esprit de pondération et de tempérance. Notamment celle attribuée par l’Union Panafricaine des Avocats (UPA), le 06 juin 2014, pour sa « résolution pacifique des conflits ». Ce prix, on s’en souvient, a été remis au Chef de l’État camerounais, au Palais de l’Unité, par l’ancien Président sud-africain Thabo MBEKI, en présence de Me AKERE MUNA, alors président de l’UPA et de Madame Huguette LABELLE, présidente de Transparency International. Qui dit mieux?

Joseph LE (photo), Journaliste Principal Hors Échelle, Président du Conseil d’Administration de la SOPECAM

 

crise anglophone : les sécessionnistes avaient un agenda caché dès le début

Avec la tournure prise ces derniers temps par la crise la crise anglophone, certains observateurs pensent que la situation a évolué des revendications corporatistes vers un problème identitaire du fait du manque de réactivité du Gouvernement. Notre avis est qu’ils font preuve de naïveté.

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Où est la frontière entre Akere Muna et les sécessionnistes du SCNC?

Avec l’annonce le week-end dernier de la candidature d’Akere Muna à l’élection présidentielle de l’année prochaine, on peut affirmer, sans risque d’être démenti que les masques sont en train de tomber.

Me Akere Muna: si loin que ça du SCNC?

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L’indécent discours sur le génocide au Cameroun

Un vocable des plus graves a émaillé le discours des individus qui ne rêvent que de la partition du Cameroun ces dernières semaines. On a entendu les leaders du soi-disant gouvernement du Southern Cameron/ Ambazonia demander aux sénateurs eux députés originaires du Nord-ouest et du Sud-ouest de démissionner du parlement, pour, ont-ils prétendu, ne pas cautionner le « génocide qui se préparait », ainsi qu’ils s’étaient empressés de l’annoncer eux-mêmes. Le génocide, un discours qui n’a pas lieu d’être au Cameroun.

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CRISE ANGLOPHONE:CE QUE RETIENT L’HISTOIRE

Un an déjà. C’est quasiment jour pour jour le temps que dure ce qui est communément appelé « crise anglophone ». Partie, très précisément le 10 octobre 2016, de simples revendications corporatistes, elle s’est rapidement transposée sur le champ politique par le fait de quelques compatriotes dont le dessein avoué n’est autre que la partition du Cameroun, pour les plus extrémistes, ou la révision de la forme actuelle de L’État, pour d’autres qui y voient une sorte de panacée aux problèmes posés.

Dans un contexte où la crise semble s’enliser et où des voix s’élèvent ici et là, évoquant désormais et à tout-va le dialogue comme thérapeutique de choc pour juguler un mal symptomatiquement cancéreux, la tentation est grande de remonter, pour l’histoire, le cours de ces derniers mois dont les jalons sont plus que révélateurs de ce que jusque-là, l’Etat et son Chef, le Président de la République Paul BIYA, ont su pleinement jouer leur partition en la matière.

Revisitons-les donc, cette histoire et cet agenda des douze derniers mois.
Aux premières pages, datées du mois de septembre 2016, sont bien inscrites des revendications corporatistes formulées par des Avocats d’expression anglaise, et quasi simultanément par des Enseignants, d’expression anglaise également. Le 10 octobre 2016, les premiers lancent un mouvement de grève. L’histoire révèle (simple coïncidence peut-être ?) que la grève des seconds devient aussi effective le même 10 octobre. Les desiderata des uns et des autres ne souffrent alors d’aucune ambiguïté.

En effet, en boycottant les prétoires dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ces avocats estiment que « la manière dont la justice est rendue dans ces régions n’est pas conforme avec la Common Law (le droit de tradition anglosaxonne). Or, c’est ce droit-là qu’ils ont appris à l’école et pendant leur formation d’avocats », clament-ils alors.

Quatre (04) principaux problèmes sont excipés: l’inexistence d’une version anglaise des Actes Uniformes OHADA, principaux documents utilisés dans les procédures à caractère commercial devant les juridictions camerounaises ; l’usage du Code Civil francophone dans les juridictions des régions anglophones en lieu et place de la Common Law ; l’absence du droit anglais dans le système judiciaire camerounais (pas de Section de la Common Law à la Cour Suprême pour examiner les recours en provenance des juridictions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et pas de section anglophone à I’ENAM) ; l’exercice dans les deux régions anglophones du pays des magistrats ne comprenant ni la culture anglophone, ni la culture de la Common Law et s’exprimant bien mal en anglais !
Quid des enseignants alors ? L’histoire révèle aussi clairement que pour leur part, les réclamations portent essentiellement sur le paiement des arriérés de salaire pour l’année académique 2015-2016, par-delà les questions liées à l’amélioration des conditions de travail. On observe qu’ici, les étudiants se joignent à eux et exigent le versement de leurs primes d’excellence, mais aussi l’abandon du paiement des 10.000 FCFA de frais de pénalités institués par le Recteur de l’Université de Buea pour, apprendra-t-on, inciter à l’acquittement à temps des frais de scolarité.

A cela sont greffées quatre autres revendications. Elles portent sur la clarification et le respect des modalités d’admission des étudiants dans les Universités de tradition anglo-saxonne ; une meilleure représentation des Anglophones lors des recrutements aux postes d’enseignants et de personnels d’appui dans lesdites Universités la diminution du nombre, jugé élevé, des enseignants francophones dans les écoles en zone anglophone et la création d’une École Normale Supérieure exclusivement réservée aux régions anglophones.

Historiquement, tels sont donc les faits déclencheurs de l’actuelle crise. Des faits pour lesquels, la sensibilité du Chef de l’État lui-même, a très vite été éprouvée. A ne s’en tenir qu’aux instructions fermes rapidement données au Gouvernement de prendre en urgence des mesures idoines pour répondre de manière efficiente aux revendications formulées.
L’histoire, encore elle, montre dans ses pages, que des réponses sectorielles et globales ont bien été apportées. Au bénéfice des Avocats, on relève, parmi les réponses les plus significatives :
1.    La mise à disposition de la version officielle, en anglais, des Actes Uniformes OHADA et du Code Pénal Camerounais ;
2.    La création à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature du Cameroun (ENAM) d’une Section Anglophone ;
3.    La création d’une Chambre de la Common Law à la Cour Suprême du Cameroun, pour examiner de façon spécifique et méthodique les recours en provenance des juridictions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
4.    La création d’une Faculté des Sciences Juridiques et Politiques à l’Université
de Buea ;
5.    La création des Départements de English Law (Droit Anglais) dans les Universités de Douala, de Maroua, de N’Gaoundéré et de Dschang et des Départements de Droit Public dans les Universités de Bamenda et de Buea ;
6.    Le recrutement et l’affectation des personnels judiciaires appropriés dans les Cours d’Appel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
7.    La nomination par Décret présidentiel d’un Magistrat anglophone travaillant dans le cadre de la Common Law au poste de Président de la Chambre Judiciaire à la Cour Suprême ;
8.    La nomination d’un Magistrat anglophone comme Procureur de la République près les tribunaux de première et de grande instance de Bamenda.

Aux revendications des enseignants anglophones, le Gouvernement a apporté des réponses tout aussi appropriées, selon les cas. On relève par exemple, concernant la représentation des Anglophones aux postes d’enseignants et de personnels d’appui des Universités d’État, que les membres du Comité interministériel mis en place pour l’occasion « ont constaté à l’unanimité que, jouissant de leur pleine autonomie administrative et financière, les Universités de Buea et de Bamenda recrutent prioritairement les enseignants et personnels d’appui ressortissants des deux régions anglophones, sans exclure les francophones méritants ».

Au sujet de la création d’une École Normale Supérieure dédiée, le même comité note pertinemment qu’il ne saurait exister d’École Normale Supérieure exclusivement réservée aux ressortissants d’une seule région ou de deux régions.

En rapport avec l’admission des étudiants dans les Universités de tradition anglo-saxonne, le Comité interministériel créé par le Gouvernement a fait le choix de la simplification : l’unique contrainte d’admission d’un étudiant est de remplir les conditions fixées par la règlementation en vigueur. Dans le même temps, les primes d’excellence ont été payées aux étudiants. De même que la pénalité de dix mille Francs CFA imposée aux étudiants en retard du paiement des frais de scolarité, a été supprimée.

Enfin, l’histoire situe en bonne place la décision du Chef de l’État de débloquer deux milliards de francs CFA au titre de la subvention aux établissements scolaires privés laïcs et confessionnels, de même que l’autorisation donnée pour le recrutement spécial de 1000 jeunes enseignants camerounais bilingues, diplômés de l’enseignement supérieur, en particulier dans les matières scientifiques et techniques. Des jeunes enseignants à affecter prioritairement dans les établissements scolaires des régions accusant un déficit important en personnel enseignant dans ces matières.

Au-delà de ces réponses spécifiques apportées par le Gouvernement aux problèmes corporatistes posés par des compatriotes anglophones, les pages de l’histoire ici revisitées dévoilent deux autres catégories de réponses à cette crise, celles-là plus globales, parce que touchant les champs politiques et institutionnels d’une part, et sécuritaires d’autre part. Au premier chapitre s’inscrivent ainsi :
1. La création, par Décret présidentiel, le 23 janvier 2017, de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Matérialisation d’une des promesses du Chef de l’État dans son Message à la Nation le 31 décembre 2016. L’institution ainsi créée vient compléter le dispositif étatique visant à faire de tous les Camerounais des hommes et femmes bilingues et habités par la volonté de vivre ensemble. Elle traduit la vision politique qui fait du Cameroun un pays uni, indivisible et fier de sa diversité ;

2.    La libération des avocats arrêtés, l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre de l’Évêque de Bamenda et des Pasteurs de la Cameroon Baptist Convention dans l’affaire les opposant au Consortium des parents d’élèves des établissements missionnaires et l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre des leaders anglophones Agbor Balla, Fontem, Ayah Paul et autres ;

3.    L’intégration, la promotion et le redéploiement des magistrats sur l’ensemble du territoire, en tenant compte de leur maîtrise de la langue officielle la plus usitée dans les ressorts d’affectation, sans remettre en cause ni l’option irréversible de l’intégration nationale, ni l’évolution normale de la carrière des magistrats ;

4.    La nomination de deux anglophones parmi les nouveaux officiers généraux de l’Armée Camerounaise : les Généraux de brigade Ekongwesse et Aga Robinson;

5.    Le dialogue initié, dès le début de cette année, à travers les missions gouvernementales d’information et d’explication sur la « crise anglophone » déployées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, auprès des Grandes Chancelleries Occidentales et auprès de la diaspora camerounaise ;

6.    Des mesures diverses de restauration de la confiance et de maintien du dialogue, à l’instar du rétablissement de la connexion internet dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; connexion suspendue le 17 janvier 2017 afin de préserver la paix sociale et l’ordre public au plus fort de la crise. Sur le plan sécuritaire, il apparait aussi qu’en tant que garant de l’ordre public et de la sécurité de tous ses citoyens, l’État a pris ses responsabilités afin que l’ordre public, la paix et la sécurité soient toujours maintenus dans ces deux régions, et sur toute l’étendue du territoire. C’est le sens des mesures gouvernementales d’interdiction des associations anglophones qui prônent la violence et la division (SCNC, Consortium et autres). C’est aussi le sens à donner au déploiement des forces de maintien de l’ordre.

En somme, les pages de l’histoire de la crise anglophone de ces douze derniers mois sont assez édifiantes et riches d’enseignements sur les réponses concrètes apportées par le Chef de L’État et le Gouvernement aux problèmes légitimement posés par nos compatriotes. Et ce, dans un esprit de dialogue et une démarche éprise de paix et de justice. Dans une pleine conscience de ce que le Cameroun est le produit d’un double héritage historique, culturel et linguistique francophone et anglophone. Dans une volonté sans faille de préserver ce patrimoine commun.

De fait, l’État, garant de l’ordre républicain, a naturellement pris le parti d’assumer, protéger et défendre cet héritage et cette identité. En temps de crise, comme en temps de paix, il demeure attaché aux vertus du « dialogue républicain, constructif et responsable ». Afin que demain soit transmis aux jeunes générations, un pays uni et prospère, en paix, stable et fier de son destin.

Tel est, en tout cas, le dessein du Président Paul BIYA pour le Cameroun. Et c’est ce qui est inscrit dans l’histoire de ces derniers mois.

Par Joseph LE, Journaliste Principal Hors Echelle,
Président du Conseil d’Administration de la SOPECAM

Hassan Diop et Jean Baptiste Placca doivent relire l’histoire du Cameroun

Il se dit des choses sur le Cameroun depuis le déclenchement de la crise anglophone, notamment dans la presse internationale, qu’on se demande si ces gens, à qui on confère une certaine crédibilité, connaissent le pays dont ils parlent… Lire la suite