Le Cameroun gagne une place au Classement RSF

Dans son rapport comptant pour l’année 2017 publié cette semaine, l’ONG Reporters sans frontière reconnait qu’au Cameroun aucun journaliste n’est détenu ni tué en raison de l’exercice régulier de son métier.

« La liberté de la presse est une réalité vivante au Cameroun », déclarait Issa Tchiroma Bakari, ministre de la Communication (Mincom). Cette affirmation vient à nouveau de gagner du crédit aux yeux de la communauté internationale à travers le rapport 2018 de Reporter sans frontières (RSF). Dans son classement qui fait office de baromètre de la liberté des médias dans le monde, le Cameroun améliore son indice de perception. En effet, le pays de Paul Biya gagne une place, passant ainsi de la 130e à la 129e position du classement de l’organisation française qui œuvre dans la protection des journalistes. Ce léger progrès constitue une reconnaissance des efforts fournis par l’Etat camerounais pour encourager l’émergence d’une presse libre et indépendante. Ce d’autant plus que Reporter sans frontière n’a pas toujours été tendre vis-à-vis du gouvernement camerounais. « On peut dire que cette amélioration du classement du Cameroun n’est que méritée. Mieux, un couronnement des efforts », confie un fonctionnaire du Mincom.

Parmi les potentiels justificatifs de cette amélioration de l’indice de perception de la liberté d’informer au Cameroun, figure en bonne place l’intégrité de la justice camerounaise dans la conduite des affaires impliquant des hommes de médias. Notamment dans l’affaire Félix Cyriaque Ebole Bola, Baba Wame et Rodrigue Tongué. Les trois journalistes poursuivis pour complicité d’atteinte à la sécurité de l’Etat puis, « complicité de tentative d’outrage au président de la république », ont été déclarés non coupable et acquittés par le Tribunal militaire de Yaoundé. A cette affaire s’ajoute la sortie de prison du journaliste Ahmed Abba. Ce correspondant de Radio France Internationale (RFI) en langue haussa au Cameroun, a été libéré le 22 décembre 2017 au bout de 29 mois de détention. Après avoir été condamné à 10 ans de prison en première instance, sa peine avait été réduite en appel à 24 mois d’emprisonnement. Reporter sans frontière qui n’a eu de cesse de réclamer sa libération, s’était d’ailleurs dit « soulagé » à sa sortie.

Mais au-delà de ces deux procédures judiciaires, d’autres faits sont révélateurs de l’effectivité de la liberté de la presse au Cameroun. C’est le cas du pluralisme médiatique qui caractérise le pays. Selon les statistiques du Mincom, le paysage médiatique camerounais compte plus de 600 titres dans la presse écrite, au moins 200 stations de radiodiffusion sonore, plus d’une trentaine de chaines de télévision. De plus, la majeure partie de ces entreprises de presse actives au Cameroun est constituée d’initiatives privées. Mieux, au Cameroun, ces médias privés définissent eux-mêmes leurs lignes éditoriales sans les interférences étatiques. D’ailleurs, pour Issa Tchiroma, la liberté de ton dont font preuve ces médias atteste à suffisance du fait que les autorités laissent travailler les journalistes « sans interférences extérieures ».

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