Les mesures de Paul Biya face à la crise anglophone

Plus d’un an après son déclenchement, le chef de l’Etat a entrepris des actions en guise de réponses aux revendications des ressortissants de cette partie du pays.

Paul Biya est résolu à résoudre la crise politique qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La preuve en a encore été donnée dans son décret de remaniement ministériel du 02 avril dernier. Notamment à travers la nomination des ressortissants des régions anglophones à certains postes clés du gouvernement. C’est le cas du ministère de l’Administration territoriale confié à Paul Atanga Nji et du département chargé des Enseignements secondaires placé sous le magistère de Nalova Lyongha Pauline Egbe. Autant le dire, il s’est agi d’une autre réponse à la crise anglophone débutée en novembre 2016 lorsque des ressortissants de la partie occidentale camerounaise ont commencé à dénoncer la « marginalisation » dont ils seraient victimes de la part du reste du Cameroun. Et même si quelques temps après, cette crise a basculé en des revendications politiques allant des velléités fédéralistes et sécessionnistes avec la naissance de la république d’Ambazonie, des enlèvements de hautes personnalités avec demande de rançons, le pouvoir de Yaoundé n’a eu de cesse de trouver des mesures à ces revendications.

En effet, avant ces nominations (saluées par la majeure partie de la classe politique camerounaise), le chef de l’Etat a une fois de plus démontré ses talents de « navigateur en eaux troubles », en créant la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Laquelle est dirigée par Peter Mafany Musonge – un natif du Sud-Ouest- et compte parmi ses membres, une bonne frange de ressortissants des régions anglophones. Tout en gardant la main ferme sur la barre, Paul Biya a par ailleurs pris la décision le 30 août 2017, de libérer par décret les principaux meneurs de la contestation anglophone, ainsi que « certaines autres personnes interpellées dans le cadre des violences survenues ces derniers mois dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Une mesure d’apaisement aussitôt saluée par les Nations unies. Jean Nkuete, secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parlera alors d’un « acte magnanime qui s’inscrit dans le prolongement de la démarche présidentielle d’apaisement et de renforcement de l’unité et de l’intégration nationales ».

Mais les actions d’éclats du chef de l’Etat dans cette crise socio-politique sont nombreuses. C’est Paul Biya qui a, entre autres, prescrit un recensement des magistrats anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest en vue d’augmenter les effectifs des magistrats anglophones au sein de la haute juridiction (Cour suprême). Le redéploiement des magistrats tenant compte du critère linguistique ; la poursuite des matières non-encore uniformisées dans les universités anglophones en respect des spécificités de la Common law ; la création d’une Faculté des sciences juridiques et politiques à l’Université de Buea; la création des départements de English law dans les universités de Douala, Maroua, Ngaoundéré et Dschang. A cette liste s’ajoute la création récente de la section Common law au sein de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), principal moule de l’élite administrative du pays.

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