Fonction publique. Le Cameroun s’attaque à sa masse salariale

Une opération de comptage physique des agents publics à la caisse a démarré ce mercredi 25 avril 2018 sur l’ensemble du territoire. Objectif : assainir les dépenses de personnels.

L’«opération de comptage physique des personnels de l’Etat », prescrite par le président Paul Biya dans la circulaire du 20 juin 2017 relative à la préparation du budget 2018 est en marche. Depuis le 25 avril, des équipes mixtes du ministère des Finances et celui de la Fonction publique et de la Réformes administratives sont déployés dans les établissements bancaires et autres microfinances où les agents publics perçoivent leurs salaires. L’opération consiste en effet, à procéder au comptage des agents publics au moment de la paie des salaires. Pour la première journée de recensement, nombreux sont les agents de l’Etat à avoir sacrifié au rituel du comptage physique. Parmi eux, Théophile Eyango, inspecteur général N° 1 au ministère des Arts et de la Culture. «Le simple fait qu’on s’identifie le premier jour montre qu’on adhère à l’initiative. En 2006, nous avons sacrifié à une opération similaire. Nous espérons que celle-ci portera également les fruits », a-t-il confié aux reporters du quotidien public Cameroon tribune. En prescrivant cette mesure, le président camerounais avait indiqué que l’objectif était «de maintenir les efforts de réduction du train de vie de l’Etat».

 

De manière précise, cette opération a pour but d’assainir le fichier solde des personnels en supprimant les emplois et salaires éventuellement irréguliers. En une dizaine d’années, la masse salariale est passée du simple au double. Selon les chiffres communiqués par Cyrill Edou Alo’o, le directeur général du budget au ministère des Finances, de 393 milliards de francs CFA en 2006, les charges salariales de l’Etat se sont chiffrées à 945 milliards de francs en 2017. Les autorités camerounaises sont donc convaincues que cette augmentation n’est pas seulement le fait des recrutements effectués sur la période. Selon des sources au ministère des Finances, il y aurait un gap entre le nombre des agents publics recrutés ces dernières années et le nombre qui figure dans le fichier solde de l’Etat. Ils sont à ce jour 322 mille personnes à émarger dans les caisses de l’Etat, contre 163 mille en 2006.

 

Cette opération qui a démarré le 25 avril, devra se dérouler jusqu’au mois de juin. «Nous allons prendre de juin à septembre pour exploiter les données de manière à pouvoir isoler un premier contingent d’agents, que nous n’aurons pas recensé et inviter ceux-là à bien vouloir le faire faute de quoi ils seront retirés du fichier. Nous allons les considérer comme n’étant pas présent pour continuer à bénéficier du paiement de leurs salaires », explique Cyrill Edou Alo’o. En 2006, une opération similaire avait conduit à la suspension de 4255 agents publics et des économies budgétaires estimées à 9,7 milliards de F par an.

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