Politique. Un Sénat reconfiguré pour la deuxième mandature

En nommant les sénateurs le 12 avril 2018, Paul Biya a tenu à la représentativité de la diversité politique du pays au Sénat. Six des sept partis représentés ici sont issus de l’opposition.

La deuxième législature du sénat s’est ouverte le 24 avril 2018, par la session de plein droit. Elle fait suite à la nomination des 30 sénateurs le 12 avril dernier par le chef de l’État, Paul Biya, complétant à 100, les membres de la chambre haute du parlement camerounais. Mais contrairement au précédent mandat au cours duquel six partis politiques étaient représentés, la deuxième législature sera composée de sept partis. Soit six de l’opposition, et un seul au pouvoir. Il s’agit du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), du Social Democratic Front (SDF) qui confirme ainsi sa place de leader de l’opposition camerounaise et parlementaire.

Le troisième parti sur l’échiquier politique camerounais à être représenté au parlement est l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), fort désormais de ses deux sénateurs nommés par Paul Biya, contre un seul par le passé. Les autres formations politiques complètent le tableau. Notamment l’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (ANDP), le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le Mouvement pour la défense de la République (MDR). L’Union des populations du Cameroun (UPC), plus vieux parti politique du pays, fait également son entrée au sénat. L’entrée en scène de ce parti historique de l’opposition camerounaise vient relever la précédente législature, constituée de six partis politiques.

Les sénateurs des autres formations politiques qui constituent « la majorité présidentielle », tiennent donc leur présence dans la chambre haute à travers la nomination présidentielle du 12 avril. Ils y sont en effet présents que grâce à la magnanimité de Paul Biya, qui accorde du prix à la diversité des opinions politiques.  Cars ces partis politiques de l’opposition prennent une part active au développement et à la démocratie du Cameroun. Sur les neuf formations politiques ayant pris part au vote, sept sont ainsi finalement représentés au Sénat. « Le président de la République étant en même temps président du Rdpc, aurait pu nommer les 30 autres sénateurs de son parti. C’est dire que le Sénat aurait pu être monocolore. Il est multicolore parce que le président de la République a décidé de nommer quelques sénateurs. Il s’agit donc d’une diversité voulue par le président de la République. Il n’y était pas tenu », fait savoir Pierre Flambeau Ngayap, sénateur nommé pour le compte de l’UNDP.

Contrepoids

Le parti au pouvoir aura donc à coup sûr, un contrepoids politique avec l’opposition représentée au Sénat. Cependant, « les leaders de l’opposition se neutralisent au Cameroun », affirme Pascal Messanga Nyamding, politologue et enseignant à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC). Pour ce dernier, « l’opposition camerounaise est éclatée et polarise la méfiance de plus en plus du peuple sur elle ». Seulement, même si tel est le cas et qu’elle apparaît de plus en plus désunie, à quelques mois des élections municipales, législatives et la présidentielle de 2018, elle n’en demeure pas moins un contrepoids de taille pour le pouvoir, et davantage au sein du Parlement.

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