Crise anglophone. Les sécessionnistes montrent leur véritable visage et donnent raison au président Biya

Bilan : un enseignant tué et un élève blessé. Des actes qui contraignent l’armée à rester déployer dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest et empêchent d’explorer les solutions politiques de sortie de crise.

Les sécessionnistes ont à nouveau frappé. Au matin du mercredi 25 avril 2018, des individus se réclamant des groupes séparatistes en activité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont fait irruption au lycée bilingue de Kosala à Kumba (département de la Mémé région du Sud-Ouest), et ouvert le feu. Au cours de cet acte terroriste, Ashu Thomas Nkongho, surveillant général dudit établissement, a été assassiné et plusieurs élèves ont été blessés. Selon les autorités locales, par de tels actes, les séparatistes essayent de contraindre les populations à adhérer à leur mot d’ordre de boycott des institutions républicaines. Depuis trois mois, des groupes séparatistes armés multiplient les actions violentes contre des symboles de l’Etat (attaques de gendarmerie, enlèvements de fonctionnaires, accrochages avec l’armée). On compte à ce jour plusieurs dizaines des membres des forces de sécurité et de civils tués par des séparatistes. La semaine dernière, alors qu’il se rendait à Menji, chef-lieu du Lebialem, pour la cérémonie d’installation du nouveau préfet du département, le convoi de Bernard Okalia Bilai, gouverneur du Sud-ouest, a essuyé des tirs.

Ce sont ces actes de violence qui ont obligé les autorités camerounaises à faire intervenir l’armée dans ces régions. Elles restent néanmoins convaincues que le dialogue est la solution à la crise. «Le dialogue, je le précise bien, a toujours été et restera toujours pour moi, la voie privilégiée de résolution des problèmes, pour autant qu’il s’inscrive strictement dans le cadre de la légalité républicaine», réitérait le président Paul Biya dans son message de fin d’année 2017 à la nation. L’accalmie observée en début de cette année avait ainsi laissé espérer la possibilité d’explorer les solutions politiques de sortie de crise. «La situation se stabilise dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. Ce qui devrait permettre à la Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme de s’attaquer au cœur du problème», indiquait le président Paul Biya lors de son discours à la jeunesse le 10 février 2018. Des projets compromis par la résurgence de la violence constatée ces dernières semaines.

Dans son message de fin d’année 2017, le président de la République du Cameroun assurait pourtant: «les consultations que j’ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j’ai recueillis, m’ont conforté dans l’idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau local». Pour y répondre, le chef de l’État camerounais propose «l’accélération de notre processus de décentralisation» qui, croit-il, «va permettre de renforcer le développement de nos régions». Le président Paul Biya vient de ce fait de créer tout un ministère dédié à la mise en œuvre de la décentralisation.

Julienne Ngobo

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