Lutte contre Boko Haram. Les enjeux de la pré-stabilisation

Depuis quelques mois, la reddition des combattants Boko Haram majoritairement des jeunes, mobilise la communauté nationale et internationale.

Près de 4 années de guerre dans la Région de l’Extrême-Nord au Cameroun, ont indubitablement laissé des fissures. Le conflit Boko Haram qui a subi plusieurs mutations suivant la réponse apportée par les armées notamment camerounaises se réduit aujourd’hui en attentats kamikazes du groupe Boko Haram qui, loin de témoigner d’une véritable puissance de feu et de nuisance seraient plutôt le triste chant du cygne. Au Cameroun, les exactions de la secte ont fait plus de 2000 victimes civiles. Des villages entiers ont été incendiés, Des communautés déstructurées. Aujourd’hui, la question des repentis et des déplacés  exige des réponses plurielles qui sont apportées par le gouvernement sous l’impulsion de Paul Biya.

Pardon, réconciliation et inclusion pour les désengagés.

L’année 2017 a connu une vague de reddition dans les rangs du groupe terroriste Boko Haram. Ces combattants très jeunes pour la plupart (13-18ans), désertaient non moins par conviction, mais les conditions de vie étaient devenues difficiles dans les camps terroristes, harcelés de toute part par la coalition armée. Aujourd’hui, ces ex-combattants se comptent par centaines et sont logés de façon transitoire  dans des camps militaires camerounais, où ils sont encadrés dans l’attente d’une solution pour leur réintégration dans la société. Le processus normal prévoit la déradicalisation et ensuite la réinsertion. Et c’est à mesure  d’implémenter cette stratégie que des experts internationaux ainsi que les autorités administratives traditionnelles et religieuses,  se sont réunis au mois de février 2018 à l’université de Maroua. Placée sous la coordination du centre d’étude et de recherche en paix et sécurité et intégration (CERPSI) de l’université de Maroua. Cette rencontre a abouti sur sept principales recommandations. Le développement des programmes inclusifs, l’implication des leaders religieux, communautaires, traditionnels et de la  société civile dans le processus de déradicalisation, le renforcement des institutions gouvernementales dans les zones affectées, la mobilisation et la sensibilisation  des communautés affectées par le conflit, la volonté de pardonner et de se réconcilier avec les désengagés, et l’adaptation des champs de compétence de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) à ces nouveaux défis.

L’éducation, une solution durable au problème des déplacés.

Selon l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM),  en janvier 2018, le département du Diamaré à l’Extrême-Nord enregistrait 5329 personnes déplacées, majoritairement des femmes et des enfants. Généralement en situation précaire, les jeunes sont très exposés à un endoctrinement  par des cellules dormantes du mouvement terroriste. Pour les experts, l’école coranique dans ce contexte est la solution la plus appropriée pour identifier, contrôler et mettre ces enfants à l’abri du danger de l’enrôlement. Une stratégie déjà déroulée par le gouvernement et soutenue par de nombreux partenaires ; des membres de la société civile, mais aussi des partenaires internationaux. Le Gouvernement multiplie des actions de manière à augmenter la résilience des populations et réduire l’influence du discours extrémiste et terroriste dans cette région, en multipliant les projets. Une ambition constante qui étaye la préoccupation du président Paul Biya à apporter des solutions politiques durables et complémentaires aux réponses militaires.

Julienne Ngobo

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