Sécurité. Le Cameroun à l’avant-garde de la lutte contre la prolifération des armes

Le 26 avril, à l’issue d’une rencontre avec les armuriers, le Ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji, étend sur tout le territoire l’interdiction de vente d’armes.

3800 autorisations de port d’armes sont délivrées sur tout l’ensemble du territoire. Pourtant, ce sont au moins 27 mille armes qui sont en circulation. Ces données officielles fournies par le Ministre de l’administration territoriale Paul Atanga Nji justifie entre autre, sa décision d’étendre cette décision aux 10 régions du Cameroun. L’information a été rendue publique au sortir d’une rencontre avec les promoteurs d’armureries du pays le 26 avril 2018. Rencontre au cours de laquelle les armuriers espéraient plutôt une atténuation de la décision du 4 avril 2018 et qui limitait à 6 régions du pays (Centre-Littoral-Ouest-Sud-ouest-Nord-ouest-Adamaoua) l’interdiction de  vente d’armes. Pour le ministre, la prolifération des armes et le phénomène grandissant du port illicite d’arme sont de nature  à détériorer la situation sécuritaire déjà instable dans plusieurs localités. Comme par le passé, il recommande aux acteurs  du secteur une fois la décision levée, de tenir des fichiers informatisés et  actualisés de leurs activités commerciales de façon à aider les autorités compétentes dans la gestion  et le contrôle du flux des armes au Cameroun. Il a souligné que cette interdiction est une mesure conservatoire pour  garantir la sécurité des biens et des personnes, en attendant qu’une meilleure lisibilité soit établie dans le secteur de la vente d’armes. Le Communiqué du 4 avril 2018, disposait déjà que « tous les détenteurs d’armes à feu, modernes ou de fabrication artisanale et ne disposant pas d’autorisation » avaient   30 jours pour  déposer leurs armes dans les administrations territorialement compétentes, sous peine de sanctions administratives et pénales.

Une problématique régionale

En Mars 2018, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour l’Afrique centrale produisait des statistique selon lesquelles, environ 10 millions d’armes (armes légères et de petits calibres) circulent de façon incontrôlée en Afrique centrale. De l’avis des experts, deux grands foyers de tensions en Afrique notamment en Afrique de l’Ouest avec les mouvements terroristes intégristes  et en Afrique de l’Est avec les velléités El Shebab, se rapprochent et imbibent fatalement  de nombreux autres pays dont le Cameroun. Pour le colonel Didier Badjeck en charge de la communication au Ministère de la Défense, « les effets pervers de la mondialisation ont entrainé une défrontiérisation des pays, qui facilite le flux des armes. Il faut dire également que le Cameroun se situe à l’interstice de deux arcs crisogènes qui sont forcément en interaction interlope. Les mesures prises par le Cameroun sont non seulement proactives, mais elles tendent à stopper les flux qui avaient déjà trouvé hébergement au Cameroun  » A côté de cela, la multiplicité des zones de crise dans le pays, justifie la demande croissante en armements. Dans le cadre des opérations de sécurisation menées par les Forces de défense et de sécurité, plusieurs armes modernes et de fabrication artisanale ont souvent été saisies. Le Cameroun qui est déjà signataire des textes internationaux notamment la Convention de Kinshasa sur l’interdiction de la circulation illicite des armes et  le Traité sur le commerce des armes des Nations unies, se positionne ainsi  en avant-garde de cette lutte contre le trafic illicite des armes.

Charles Abega

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