Crise anglophone. Les sécessionnistes s’attaquent à l’Église catholique

Ce 30 avril, les séparatistes ont enlevé un prêtre en pleine célébration eucharistique. Les civils paient ainsi leur refus d’obtempérer au mot d’ordre des terroristes.

On est toujours sans nouvelles de l’abbé William Neba. Au petit matin du lundi 30 avril 2018, le prêtre principal du collège Saint-Bede Ashing-Kom dans localité de Belo, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, a été enlevé en pleine célébration eucharistique. Cette scène a créé une panique généralisée dans la localité. Les ravisseurs ont également momentanément pris en otage l’aumônier du père Neba avant de le libérer. Selon les autorités locales, le prélat subirait ainsi des représailles de la part de sécessionnistes pour avoir maintenu ouvert le collège à sa charge.  Alors que les séparatistes ont réussi à imposer la fermeture des établissements scolaires de la localité, seul le collège Saint-Bede Ashing-Kom est resté ouvert. Mais, après les événements d’hier, l’établissement a dû fermer. Difficile de dire quand il rouvrira. Les examens officiels débutent pourtant dans quelques semaines. La semaine dernière, une enseignante, enceinte, a été tuée dans une attaque contre son école à Muyuka (Sud-Ouest), et un autre enseignant a été abattu à Kumba, dans la même région et dans des circonstances similaires.

Il est donc de plus en plus constant que les sécessionnistes sont de plus en plus isolés. « Le gouvernement camerounais bénéficie d’un plébiscite au quotidien de toutes les populations des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de notre pays. Une infime minorité, extrémiste et violente veut imposer aux populations leur diktat de la violence en tuant, en massacrant, en amputant », indiquait d’ailleurs le ministre de la Communication le 27 avril dernier sur les antennes de Radio France internationale (RFI). Issa Tchiroma Bakary répondait au politologue Hans De Marie Heungoup, analyste sénior pour l’Afrique Centrale d’International Crisis Group. «On est passé de petites attaques sporadiques à, aujourd’hui, des milices armées, près d’une dizaine, qui se sont constituées, et qui sont de mieux en mieux armées, et qui contrôlent même des portions de territoire, notamment dans les zones rurales de la région du Sud-Ouest. Le risque est très élevé aujourd’hui que les choses puissent davantage se dégrader et même déraper en guerre civile. Il nous semble à l’évidence qu’à mesure que l’on se rapprochera de l’élection présidentielle en septembre ou en octobre 2018, les violences et les attaques dans les régions anglophones vont s’accentuer», estimait-il.

Une perception assez évasive de la crise qui vise plutôt à dramatiser cette situation d’insécurité. L’on pourrait surtout se poser la question de savoir pourquoi un tropisme alarmiste converge vers le Cameroun, alors que les opérations militaires qui s’accompagnent de succès sont occultées ? IL n’y a pas de drame sécuritaire actuellement au Cameroun, encore moins si les instigateurs de la violence tapis dans des refuges ne bénéficiaient pas d’une impunité absolue.

Albert Mahop

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *