Sécurité. La lutte contre Boko Haram se poursuit

La stratégie militaire remarquable, associée à une diplomatie dynamique et l’élan d’un peuple uni et soudé autour de son armée, aide le pays dans ce combat contre les terroristes.

La lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine. Ici, l’issue victorieuse pour une armée républicaine est garantie par sa capacité à « être et durer ». La nature du combat étant hybride, chevauchant entre attaques symétriques et menaces asymétriques, la lecture stratégique est fondamentale. Dans une mobilisation remarquable sous l’impulsion du président Paul Biya, le Cameroun a constamment opposé au groupe terroriste  Boko Haram, une réponse adaptée, complexe et résiliente. Cette résilience forgée par 4 années d’un conflit soufflant le chaud et le froid s’est nourrie d’une stratégie militaire appropriée et d’une diplomatie dynamique, le tout complété par l’élan d’un peuple uni et soudé autour de son armée. Le 17 mai 2014 à l’Elysée, le Président Paul Biya a affiché devant la face du monde, sa détermination à combattre le terrorisme en déclarant officiellement la guerre à Boko Haram.

Passant de la parole à l’acte, le président de la république va procéder à un réaménagement du commandement militaire dans l’optique de faciliter le déploiement des unités sur le terrain et de réduire les élongations. En 2015, un décret présidentiel crée la 4eme Région militaire interarmées qui regroupe la région administrative de l’Extrême-nord et le département du Mayo-louti dans la région du Nord. L’opération « Emergence 4 » et l’opération « Alpha » du Bataillon d’Intervention Rapide vont donner une riposte adéquate aux agresseurs. Le secteur 1 de la Force Multinationale Mixte, bras armé de la Commission du Bassin du Lac Tchad, va conjuguer ses efforts à celles des Forces de défense et de sécurité camerounaises dans le cadre d’opérations d’envergure qui vont fragiliser et émietter la pieuvre Boko Haram.

Sollicitude internationale

Dans le cadre de la coopération, les liens se sont renforcés au niveau bilatéral et multilatéral. Avec le Tchad, le Cameroun a mis sur pied une opération militaire conjointe baptisée « Logone 15 ». Pendant 10 mois, celle-ci a mené des offensives ciblées au Nigeria avec à la solde plusieurs localités libérées du mouvement terroriste. Les rapports avec le Nigéria se sont accrus par une coordination des opérations menées de part et d’autre de la frontière commune et un meilleur partage des informations entre les différents états-majors. En termes d’appui technique, les pays occidentaux ont apporté un appui matériel non négligeable. La coopération multilatérale s’est surtout développée au niveau de Commission du bassin du lac Tchad avec la Force Multinationale mixte qui a mobilisé en 2015 près de 8700 hommes issus des armées du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Nigéria et du Bénin. Une mobilisation, qui traduit surtout la synergie que le Cameroun a su créer autour de la lutte contre Boko Haram, contre le terrorisme, problématique planétaire.

Défense populaire.

Politique de défense nationale, la défense populaire qui consacre le lien indissoluble armée-nation s’est véritablement mise en œuvre durant le conflit Boko Haram. La nature particulière de cette menace nécessite d’ailleurs le concours permanent des populations. En termes de renseignement l’apport des populations regroupées en comités de vigilance a été vital. Ces sentinelles souvent « invisibles » ont permis à plusieurs reprises de déjouer des attentats par des alertes en direction des FD. Cette collaboration a également été une construction. Dans le cadre des opérations militaires d’influence, l’armée a su relever le défi de gagner la guerre des perceptions en instaurant par diverses actions un climat de confiance.

Corine Alima

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