Les Piliers de la réforme de 2001 de l’Armée camerounaise

La réforme de 2001, au cœur de la performance de l’armée camerounaise.  Attaqué de toutes parts, le Cameroun riposte. Son armée professionnelle et républicaine force le respect. La réforme de 2001 toujours en marche est à la base de sa bravoure. 

Les 21 textes de la réforme du 25 juillet 2001 sont parmi les plus importants adoptés au sein des Forces armées camerounaises. Depuis cette réforme, d’importants réaménagements ont eu cours et contribuent à façonner une armée moderne, qui fait face avec assurance et abnégation  aux menaces les plus complexes. L’universitaire Ernest Claude Messinga dans une publication académique affirme  au sujet de cette réforme, qu’elle a été avant-gardiste, s’inscrivant dans un contexte qui laissait à peine entrevoir la nature hybride des nouvelles menaces sécuritaires. La réforme de 2001 engagée par le Président Paul Biya vise « la modernisation des Forces de Défense » en  s’adossant sur 3 piliers essentiels : le  rajeunissement, l’équipement et la professionnalisation. Donner du sang neuf, du point de vue de la ressource humaine mais aussi de la doctrine qui doit pouvoir répondre à la complexité des menaces, (terrorisme, guérilla, extrémisme violent, etc.). De même, l’évolution fulgurante des technologies et équipements  exige une mise à niveau constante, une spécialisation, d’où l’impératif d’asseoir une armée de métiers par la professionnalisation. 

Des changements notables. 

En 2001, l’Armée camerounaise amorce une étape importante dans sa montée en puissance. Tous les corps sont concernés. Entre autres changements apportés, on peut relever, la  réorganisation du commandement militaire territorial, avec à cette époque, 3 régions militaires interarmées (RMIA), 10 secteurs militaires dans lesquels sont déployés des unités d’appui. Depuis 2015, 2 nouvelles régions ont été créées et une dernière vient d’être créée en 2018. La marine accueille des améliorations profondes, avec des structures de formation, une structuration de son état-major. Elle est le bras séculier de l’action de l’Etat en mer.  L’équipement n’est pas en reste, les unités de combat se dotent d’importants matériels. Dans son appui au développement, le Génie militaire qui a acquis un important matériel de génie civil, grâce à la sollicitude du chef de l’Etat s’implique davantage dans des actions de développement. En termes de doctrine d’emploi, La réforme de 2001 va réévaluer les critères de recrutement et procéder à  l’ajustement des formations des  officiers et une  révision du statut du personnel non-officier. L’enseignement militaire supérieur  domaine dans lequel le Cameroun se positionne désormais en référence  trouve son impulsion en 2001. 

Au sortir des textes de 2001, des unités spéciales sont créées. Le Bataillon d’intervention Rapide (BIR), le  Groupement Polyvalent d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GPIGN) et  le BIR-Delta en zone côtière vont appuyer l’action des forces régulières. Le phénomène des coupeurs  de route, la piraterie maritime, le Boko Haram, l’extrémisme violent, etc,  ne connaitront aucun répit. Sur le plan du rajeunissement tous les échelons, ont depuis, reçu une bouffée d’air frais. Les recrutements au sein des différents corps sont quasi-annuels. Le renouvellement du commandement s’est opéré à plusieurs reprises. Nous évoquerons les cuvées d’officiers généraux de 2011, 2015 et 2017.Une source militaire déclarera au sujet de cette réforme « qu’elle témoigne du doigté du chef de l’Etat qui dans une prospective habile, a posé très tôt  les bases d’une réforme, qui aujourd’hui préserve le Cameroun du recours à l’intervention des forces étrangères dans le cadre des crises auxquelles le pays fait face ». 

Corine Alima 

 

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