Coopération militaire sous régionale. Le Cameroun au cœur de la riposte globale

Dans son architecture de défense, le Cameroun donne une place de choix à la coopération militaire sous-régionale. Celle-ci fait ses preuves dans le cadre de la lutte contre la criminalité transfrontalière.

Le Cameroun aux prises avec plusieurs crises dont l’insécurité transfrontalière a intégré les architectures de coopérations militaires multilatérales et bilatérales. Celles- ci ont prouvé leur efficacité dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, l’extrémisme violent dans la partie occidentale du pays et aussi, face au brigandage dans les eaux communes du golfe de Guinée. En 2015, c’est la réponse du président Paul Biya aux nouvelles menaces sécuritaires. Une invite à la mutualisation des efforts alors que le Cameroun et les pays de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) subissaient les agressions du Boko Haram. Une dynamique de défense va ainsi se développer entre le Tchad, le Nigeria, le Niger, le Cameroun, rejoints par le Bénin dans un élan de solidarité internationale. La Force Multinationale Mixte (FMM), bras armé de la CBLT va trouver un nouveau souffle à l’occasion d’une rencontre entre les Ministres de la défense des pays concernés en 2015. A l’issue, la FMM s’était dotée de 8700 hommes déployés par tous les pays membres. Avec son quartier général installé à N’Djamena au Tchad, la FMM  se déploie par la mise en place de plusieurs secteurs militaires. Le Secteur N°1 basé à Mora dans l’Extrême-nord soutient les opérations Emergence 4 et Alpha tout en prenant part aux opérations conjointes  avec les autres pays.

Sur le plan bilatéral, la lutte contre Boko Haram a donné lieu au renforcement des liens entre le Cameroun et les pays voisins. Un échange accru d’informations avec le Nigéria sera salutaire pour contenir l’avancée des terroristes. Le droit de poursuite a pu se mettre en œuvre entre les deux Etats qui ont peaufiné une stratégie de défense commune au cours d’une visite d’Etat du président nigérian  Muhammadu Buhari au Cameroun en 2015. De même, une forte coopération sur le plan opérationnel avec le Tchad a donné lieu à l’opération « Logone 15 ».

En 2013, le sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de la CEDEAO, de LA CEEAC et de la Commission du Golfe de Guinée à Yaoundé va ouvrir une nouvelle ère dans le cadre de la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée. Cette rencontre va déboucher sur la création du Centre interrégional de coordination à Yaoundé et des centres similaires dans les Etas membres. Cette architecture de défense bi-régionale vise à coordonner les échanges d’informations, améliorer la maitrise du plan d’eau pour garantir la sureté et la sécurité dans le golfe de guinée.  Cette coopération des grands ensembles est soutenue par des échanges bilatéraux efficients. C’est dans cette perspective que la marine camerounaise a intercepté dans son plan d’eau un navire détourné au Nigéria par des pirates le 30 juin 2016. Le Sarkim Baka a été officiellement rétrocédé à la marine nigériane le 17 juin 2017.

Cette coopération entre le Cameroun et le Nigéria, est dynamique et continue à porter des fruits. C’est grâce à elle que le Cameroun a pu stopper le déploiement stratégique des activistes sécessionnistes qui rêvaient de faire du Nigéria une base arrière opérationnelle et zone de repli. L’arrestation au Nigeria d’une quarantaine d’activistes et leur transfert au Cameroun donne tout son sens à la riposte globale prônée par le Cameroun dans le cadre de la lutte contre les nouvelles menaces.

Julienne Ngobo

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