Multiculturalisme. Une opportunité à saisir

La diversité culturelle du Cameroun constitue une de ses richesses et la création d’une institution dédiée au renforcement des liens est une volonté du pouvoir de préserver la paix et l’unité nationale.

Le mot multiculturalisme exprime et résume en lui seul cette diversité culturelle du Cameroun. Laquelle constitue une des richesses de notre pays. Du point de vue socio-culturel, le pays de Paul Biya peut se vanter d’avoir deux langues officielles, l’anglais et le français; environ 250 ethnies ; 236 langues dénombrées par les linguistes camerounais ; des dizaines de confessions religieuses officiellement reconnues et qui cohabitent dans la tolérance. Cette diversité a généré une multitude d’expressions de cultures nationales, une variété de traditions. Elle est l’une des caractéristiques de l’identité du Cameroun. L’importance de la mise en valeur de cette richesse, sur tous les plans (patrimonial, économique, touristique, culturel…) n’échappe donc à personne. « Le Cameroun n’a jamais prétendu à quelque moment que ce soit, malgré sa diversité de langues, culturelle et ethnique, cet ensemble n’a jamais constitué à aucun moment un facteur de menace dans le vivre ensemble », soutient Xavier Messè, journaliste.

Le décret présidentiel portant ainsi création, organisation et fonctionnement de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est à la fois un cadre propice et une opportunité idoine pour les cultures, les langues et les traditions de notre terroir. « La diversité des cultures est une réalité incontestable au Cameroun. Les cultures ne sauraient s’éviter ou s’opposer. Ce sont des richesses qu’il faut partager, à travers un dialogue permanent entre elles, un enrichissement mutuel, dans une dynamique de fécondation et de renouvellement permanents », affirme Philémon Yang, Premier ministre. La Commission a été conçue comme une instance de réflexion et d’action, au service de la promotion de trois principales valeurs : le bilinguisme, le multiculturalisme et le vivre ensemble. « Arrêtons-nous un instant sur chacune de ces valeurs », avait exhorté Philémon Yang lors de son discours d’installation des membres de ladite commission.

Atout supplémentaire

Cette Commission est à la réalité, un organe consultatif, qui apparait comme un atout supplémentaire et un cadre spécifique conceptuel et pratique pour mettre davantage l’accent sur les cultures et les traditions camerounaises. Au-delà des missions d’études, de projets, de promotion, de sensibilisation et de vulgarisation relatives notamment au multiculturalisme, elle est chargée « de recevoir toute requête dénonçant des discriminations fondées sur l’irrespect des dispositions constitutionnelles relatives au bilinguisme et au multiculturalisme et en rendre compte au président de la République ». Elle peut donc être saisie par toute personnalité physique ou morale. « Pour la première fois, notre pays vient de se doter d’une institution dédiée au renforcement des liens qui nous unissent, au-delà des différences de langues et de cultures.  Cette institution travaillera en effet à la promotion de notre diversité culturelle et de nos deux langues officielles », avait alors expliqué le premier ministre. Son avènement suscite d’ores et déjà beaucoup d’espoirs et des attentes.

Corine Alima

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