La carte “crisogène” du Cameroun

Le Cameroun fait face à des attaques pour lesquelles le gouvernement, soucieux de préserver la paix et la cohésion sociale, a déployé une batterie de mesures.

La cartographie des menaces sécuritaires du Cameroun montre que depuis près de quatre ans, le pays est pris dans un étau de menaces protéiformes. Celles-ci résultent de sa position géographique. Logé entre des foyers de tensions majeurs (Nigéria, RCA), le Cameroun n’est pas épargné par l’insécurité transfrontalière. A cela s’ajoutent des menaces insidieuses et latentes sur le plan interne. Cette complexité de menaces exige des réponses tout aussi variées que pertinentes. En effet, le gouvernement s’est toujours préoccupé de préserver les acquis de paix, de cohésion sociale et de valorisation de toutes les communautés. Sur instructions du chef de l’Etat Paul Biya, l’équipe de Philémon Yang a ainsi déployé une batterie de solutions pour endiguer les velléités sécessionnistes. Appui financier, recrutement massif d’enseignants d’expression anglaise, création d’une Commission de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, réaménagement ministériel entre autres. Désormais entrainé dans un cycle de violence injustifiée, le gouvernement qui a à cœur la protection des personnes et des biens, souvent pris en otage par des mercenaires payés au prorata des incendies et meurtres qu’ils commettent, a déployé un dispositif militaire dissuasif. La création en mars 2018 de la 5ème Région militaire interarmées participe également de cette réponse. La crise politico-sécuritaire qui secoue depuis 2016 les régions du nord-Ouest et du sud-ouest mobilise aussi de nombreuses ressources.

Dans la partie littorale, la piraterie maritime étrangle l’essor de l’économie bleue est en passe d’être endiguée par l’action de l’Etat en mer, au travers de la marine nationale mais aussi de la force BIR-Côte. Cependant, le pillage des ressources halieutiques, minières, animales, le trafic des différents produits illicites et d’organes humains, nécessitent une mobilisation plurielle, qui interpelle d’autres administrations. Le Golfe de Guinée étant un espace commun à de nombreux  pays, le Cameroun est membre d’une architecture de défense  régionale qui a commencé à prendre corps à Yaoundé en juin 2013, avec un sommet regroupant les chefs d’états de la région Afrique de l’Ouest et de la région Afrique centrale et ceux de la Commission du Golfe de Guinée. Cette réunion a pris forme, grâce à la détermination du président Paul Biya, qui auparavant, avait déjà considérablement œuvré pour la mise sur pied du COPAX qui est l’organe politique du soutien de la paix en Afrique Centrale.

Pour revenir sur les zones crisogènes, la partie septentrionale (Extrême-Nord) où la secte terroriste Boko Haram agit par des attaques sporadiques à présent. La réponse incisive apportée par la partie camerounaise a consisté en un important déploiement militaire, résultant d’un réaménagement des Forces de Défense. Les résultats sont encourageants et rendu à cette phase de stabilisation, les projets de développement à l’initiative du gouvernement se multiplient.

Julienne Ngobo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *