Crise anglophone. Les évêques appellent à éviter «une guerre civile inutile»

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, les religieux ont lancé «un cri de détresse » face à la détérioration de la situation sécuritaire dans les régions le Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun.

Les évêques du Cameroun, «unis d’un même cœur », se disent, à nouveau, interpelés par la crise socio-politique qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays. Ils affirment être préoccupés par les «violences inhumaines, aveugles, monstrueuses, et une radicalisation des positions». Au regard de cette situation, les hommes de Dieu ont donc décidé de lancer, «au nom de Dieu le tout puissant»,  ce «cri de détresse»: «cessons toute forme de violence et arrêtons de nous entretuer ; nous sommes frères et sœurs, reprenons le chemin du dialogue, de la réconciliation, de la justice et de la paix ». Objectif : épargnez « le Cameroun, d’une guerre civile inutile et sans fondement».

Cet appel va-t-il faire entendre raison aux sécessionnistes qui sèment en ce moment la terreur dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest ? Difficile de l’espérer. C’est en effet le nième message du genre venant de l’église catholique qui peine à toucher le cœur des sécessionnistes. Au mois d’avril dernier, à l’issue de la 43e Assemblée plénière des évêques du Cameroun, Samuel Kleda, archevêque de Douala et président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), avait lancé un message similaire : « dans les zones où il y a des conflits, nous demandons aux acteurs, aux protagonistes, de chercher avant tout la voie du dialogue, la voie de la paix, que chacun accepte de s’asseoir», avait-il conseillé. L’appel de ce mercredi montre très bien que le message n’est pas passé.

De son côté, le président de la République, Paul Biya, reste malgré tout disposé au dialogue. «Le dialogue, je le précise bien, a toujours été et restera toujours pour moi, la voie privilégiée de résolution des problèmes, pour autant qu’il s’inscrive strictement dans le cadre de la légalité républicaine», réitérais le chef d’Etat dans son message de fin d’année 2017 à la nation. L’accalmie observée en début 2018 avait laissé espérer la possibilité d’explorer les solutions politiques de sortie de crise. «La situation se stabilise dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, ce qui devrait permettre à la Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme de s’attaquer au cœur du problème», indiquait le chef de l’Etat lors de son discours à la jeunesse le 10 février dernier. Des projets compromis par la résurgence de la violence que les sécessionnistes imposent au pays et face auxquelles le président de la République, en tant que garant de l’intégrité du territoire et de sécurité des biens et des personnes, ne peut rester les bras croisés.

Bell Josué

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