Crise anglophone. Rumeurs persistantes sur l’intervention des soldats américains

Depuis quelques jours, la toile est alimentée par une rumeur sur une probable intervention des États-Unis dans les régions anglophones.

Anaïs Foumane

Un proverbe latin qui dit  « qu’il n’ya pas de fumée  sans feu ». À l’heure de la démocratisation de l’accès et de la diffusion de l’information, il serait naïf de de ne pas questionner les informations qui circulent sur la toile surtout dans un contexte de crise. Justement, la crise dite anglophone serait au cœur des discussions entre certains membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Les États-Unis et l’Angleterre joueraient de leur influence pour convaincre la France de voter une résolution pour enclencher l’envoi de casques bleus dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun. Selon les activistes de la toile qui font circuler  cette information, les États-Unis auraient prévenu qu’en cas de blocage lors du vote pour l’adoption de cette résolution, Donald Trump prendrait sur lui de procéder à des frappes préventives contre les bases de l’Armée camerounaise. Ridicule, pourrait-on dire ; toutefois, les derniers évènements imposent qu’on y accorde du sérieux. Le contenu du  communiqué de l’ambassade des Etats-Unis à l’issue d’une rencontre avec le Président Paul Biya ce 18 mai est encore vif dans les esprits. On y invite le chef de l’Etat camerounais à quitter le pouvoir, pour « entrer dans  l’histoire par la grande porte » après avoir taxé de frappes assassines les opérations de sécurisation que mène l’Armée camerounaise.

Une prise de risque vivement critiquée notamment par l’ancien bâtonnier Me Charles Tchoungang qui estime « qu’il faut faire attention car lorsque ça commence avec de telles déclarations, on ne sait pas où ça peut se terminer ». Toujours indigné l’homme de droit s’interroge : « qui gouverne le Cameroun, sont-ce les américains ou les camerounais ? ». On se souvient également que la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest a plusieurs fois été en débat au parlement américain, grâce notamment  à l’activisme d’une frange de la diaspora camerounaise installée aux Etats-Unis. Autant de coïncidences ne sauraient être fortuites. Toutefois le Cameroun reste un Etat de droit et souverain. La réaction d’Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la communication qui a réaffirmé la détermination du Cameroun a œuvré  en dépit de tout à  la préservation de son intégrité territoriale  ainsi que la convocation de l’ambassadeur américain par le Ministre des Relations extérieures rassurent sur la posture du Cameroun. Les camerounais sont attachés à l’Unité de leur pays et sont déterminés à faire bloc contre toute velléité sécessionniste et contre tout interventionnisme.  Et jusqu’ici l’armée camerounaise a démontré sa capacité à faire front contre des menaces complexes et ce, dans le respect de la dignité humaine, « avec professionnalisme et rigueur (…) dans un souci de préserver la vie des citoyens » comme le souligne clairement la mise au point du Minrex Lejeune Mbella Mbella.

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