Le gouvernement recadre l’ambassadeur des États-Unis

À travers un communiqué, le ministre des Relations extérieures a dit avoir rappelé Peter Henry Barlerin à l’ordre, après que celui-ci ait invité le président Paul Biya à penser à sa succession.

Marlyse Abeng

Le feuilleton de l’incident diplomatique né à la suite des propos de l’ambassadeur américain à Yaoundé, vient de dérouler son générique de fin. Peter Henry Barlerin, après avoir « suggéré au président Biya qu’il devrait réfléchir à son héritage et à comment il souhaite que l’on se souvienne de lui dans les livres d’histoire », a été ramené à l’ordre par le régime de Yaoundé. En effet, le ministre camerounais des Relations Extérieures, Lejeune Mbella Mbella, lui a témoigné le 22 mai 2018, la « vive désapprobation» du gouvernement camerounais après qu’il a divulgué les sujets abordés avec le chef de l’Etat Paul Biya au cours d’une audience, le 17 mai, au Palais de l’unité. Le premier reproche fait à Peter Henry Barlerin est de n’avoir pas préservé le secret de ses conversations avec le président. « Sa démarche viole toutes les règles diplomatiques en la matière ainsi que les règles de civilité et de droit. Il convient de rappeler que les ambassadeurs sont des envoyés extraordinaires d’un chef d’Etat auprès d’un autre chef d’Etat. Les moments d’échanges entre un chef d’Etat et un ambassadeur représentent des instants privilégiés de la vie diplomatique entre les deux pays et doivent être emprunts de la plus haute confidentialité», rappelle Lejeune Mbella Mbella dans un communiqué lu au journal parlé de la Crtv le mercredi 23 mai.

Pour Calixte Beyala, «Quand on est diplomate, on est tenu à des réserves. Des conservations privées d’un président qui vous reçoit en audience, ne doivent pas faire l’objet de commentaire ni de communiqué de presse. On est en rupture de réserve, de l’irrespect absolu des conventions internationales.

Riposte

Elle vient du communiqué signé par Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la présidence de la République. « Il [Président Paul Biya] salue la sagesse, la maturité et le courage dont le peuple camerounais a toujours su faire preuve, pour relever avec les dirigeants qu’il s’est librement choisis, les nombreux défis auxquels il est confronté et les exhorte à continuer dans ce sens », peut-on y lire. À travers cette citation, Paul Biya veut clairement dire à ses interlocuteurs que le peuple camerounais choisit librement ses dirigeants et que le moment venu, s’il est candidat à sa propre succession, c’est ce même peuple qui décidera librement s’il doit partir ou pas. Il convient également de rappeler que le landerneau politique est monté au créneau pour dénoncer l’ingérence des USA dans le fonctionnement d’un pays souverain comme le Cameroun à l’instar de Garga Haman Adji, ancien ministre et candidat à la présidentielle de 2018. « On a des policiers qui tuent les Noirs aux Etats-Unis. On ne peut pas venir donner des leçons à Biya pour dire que «tu es vieux». Il vaut mieux un vieux sain d’esprit et de corps qu’un vieux qui déconne à tous les instants ! Je crois que je me suis fait comprendre.» a lancé face à la presse, Garga Haman Adji aux Américains ce 20 mai 2018 après le défilé du 20 mai.

Entre temps, Peter Henry Barlerin a ainsi quitté Yaoundé cette nuit pour les États-Unis, apprend-on de sources diplomatiques. Il a informé le gouvernement qu’il allait en congé pour deux semaines et a donné le nom du chargé d’affaires de l’ambassade qui sera l’interlocuteur américain auprès du gouvernement pendant son absence. Ses congés s’achèvent le 7 juin.

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