Un plan pour consolider la paix en gestation dans le Septentrion et l’Est

Ces régions sont au cœur d’une stratégie qui vise à consolider la paix par le développement socio-économique.

Anaïs Foumane

C’est une mobilisation tous azimuts qui se forme autour des régions septentrionales et de l’Est du Cameroun, pour y assurer un développement durable après plusieurs années d’instabilité sécuritaire. La Banque mondiale, les Nations unies,  l’Union européenne, ont soumis le 18 mai 2018 au Ministre de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire Alamine Ousmane Mey, une Stratégie pour le relèvement et la consolidation de la paix dans ces régions. En effet, après près de quatre années d’une guerre intense contre le groupe terroriste Boko Haram, la région de l’Extrême-Nord  spécifiquement, est aujourd’hui confrontée à la question de son essor. Les défis sont importants. Il va falloir rétablir l’équilibre des cellules familiales, déstructurées du fait de nombreux déplacements. Il est également question de renforcer le tissu économique par la relance des activités lucratives et de procéder à une insertion durable des réfugiés qui choisissent de s’installer définitivement. Les défis sont presque similaires dans la région de l’Est du pays. L’insécurité systémique de la République Centrafricaine a entrainé une importante mobilité de sa population vers le Cameroun. Les camps de réfugiés dans cette région accueillent  des milliers  de personnes qui vivent pour la plupart, dans des conditions précaires. En somme, le Cameroun accueille aujourd’hui plus de 350 000 réfugiés et la question de leur insertion est un enjeu sécuritaire et de développement important.

Ainsi, après la riposte militaire qui jusqu’ici a pu assurer  la protection des personnes et des biens et garantir l’inviolabilité de l’intégrité territoriale, il est urgent de consolider ses acquis par  des actions socio-économiques. Le plan de relèvement et de consolidation de la paix dont il est question,  résulte d’une démarche participative qui a mis à contribution les populations des régions concernées. Il s’entend de 2018 à 2022 et s’articule autour de la promotion des services de base (l’accès à l’eau, l’éducation, la santé), l’amélioration du cadre de gouvernance par la facilitation des démarches administratives. Le Ministre Alamine Ousmane Mey a notamment insisté sur une meilleure mise en œuvre de la décentralisation qui devrait donner plus de responsabilité aux collectivités, territoriales décentralisées et favoriser le développement local. Les questions foncières sont également un axe à explorer pour la construction d’infrastructures propices au développement. Au regard de  leur position géographique, ces régions doivent également disposer de mécanismes pouvant permettre l’essor du commerce transfrontalier.  Tous ces outils mis en commun devraient favoriser un  développement durable et renforcer la résilience  des populations surtout jeunes qui  sont les plus exposées aux discours extrémistes et sont également   une cible de choix pour les « illuminés » du type Boko Haram.

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