Extrémisme violent. Les axes de lutte du gouvernement camerounais

Face à la montée de l’intolérance, l’exclusion et la radicalisation, le gouvernement mise sur l’éducation et l’autonomisation des jeunes pour une lutte durable.

Anaïs Foumane

Depuis la période des luttes pour l’indépendance du Cameroun, le pays n’aura pas connu de d’épisodes aussi troubles et sanglants que ces quatre dernières années.  De nouvelles formes de menaces plus complexes fragilisent  la stabilité des communautés, le dialogue des cultures et  l’intégration des peuples. A côté d’une réponse militaire  nécessaire pour endiguer les velléités terroristes et garantir l’intégrité territoriale, le gouvernement déploie une stratégie qui s’appuie entre autres sur l’éducation et  l’autonomisation des jeunes, à l’image du   plan d’action des Nations unies pour la prévention de l’extrémisme violent.  Le taux de scolarisation net en enseignement primaire au Cameroun est de 92%, une performance qui résulte d’une politique qui promeut «l’éducation pour tous » selon des dispositions de la constitution. En Effet,  l’Etat camerounais assure à chaque enfant le droit à l’instruction. De ce fait, l’enseignement primaire est gratuit et obligatoire et le défi permanent est d’assurer une égalité des chances dans l’accès à l’éducation. Face aux défis d’accessibilité, le gouvernement s’attèle également à faire de l’éducation une arme de lutte efficace face à la montée de l’intolérance, de l’exclusion, de la radicalisation qui se développent inéluctablement au sein de communautés plurielles. Cela passe par l’enseignement aux élèves dès leur plus jeune âge,  des valeurs propices à la cohésion, à l’acceptation de l’autre, des valeurs citoyennes. L’éducation est en effet un centre de gravité important dans les guerres contemporaines. C’est pourquoi à l’Extrême-nord du Cameroun comme dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, le Boko haram et les sécessionnistes s’attèlent à  la destruction des écoles, l’intimidation des élèves, l’endoctrinement. Des méthodes qui visent à maintenir les populations dans la  précarité, la   vulnérabilité, les rendant ainsi sensibles aux doctrines et pratiques les plus violentes.

Ainsi, dans une suite logique, le gouvernement s’investit pour la participation et l’autonomisation des  jeunes, à l’effet de développer et consolider leur résilience et prévenir tout dérapage. L’insertion socio-professionnelle des jeunes a ainsi donné lieu à de nombreuses initiatives gouvernementales. Sur le plan institutionnel, le Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle,  le Ministère de la Jeunesse et de l’Education civique, le Fonds national de l’emploi, l’Agence de Promotion  des petites et moyennes entreprises, le Conseil national de la jeunesse, sont autant de structures qui facilitent la participation et l’autonomisation des jeunes. Des programmes d’envergure comme le Plan triennal spécial-Jeunes, et des initiatives sectorielles (agriculture, environnement, numérique, etc.), sont d’autres outils d’appuis technique et financier au service de la jeunesse. Considérée à juste titre par le Président Paul Biya  comme « fer de lance de la Nation » la jeunesse est invitée à jouer un rôle déterminant dans le développement du pays. Son rôle dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent est essentiel. Mieux  scolarisée et outillée la jeunesse, restera insensible aux appels à la haine et va plutôt s’investir dans la vulgarisation  des valeurs citoyennes.

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