Cameroun-Etats-Unis. La victoire de la diplomatie du tact

D’après des internationalistes, la sortie médiatique discourtoise et isolée de S.E Henry Barlerin n’entache nullement l’excellence des relations entre ces deux pays.

Par Marlyse Abeng

« Le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin ». Cette pensée du poète français Jean Cocteau vaut son pesant d’or dans le peu de réserve dont a fait preuve Henry Peter Barlerin, ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, après une audience que lui a accordé le chef de l’Etat Paul Bilan. Ce d’autant plus que la pratique diplomatique renvoie à l’art du tact, même dans l’audace. Il n’était donc pas de rendre public, les points ayant meublé l’entretien entre les deux hommes par voix d’un communiqué de presse, comme le susnommé l’a fait. Ce qui a été perçu par les observateurs avérés de la vie politique de notre pays comme un véritable coup de tonnerre dans le ciel de Yaoundé. En effet, la classe politique camerounaise le reconnait. Le Cameroun se trouve à une phase délicate de son histoire, « où tout discours public devrait, dans un élan constructif, s’atteler à la promotion des valeurs du dialogue, de la tolérance et de l’unité des enfants d’une même nation, en vue de la réalisation d’un meilleur vivre ensemble », tel que le rappelle si bien Joseph Janvier Mvoto Obounou.

Les propos conflictogènes tenus par l’ambassadeur et qui s’apparentent à une velléité de destruction du Cameroun face à laquelle fort heureusement, « les Camerounais, dans leur écrasante majorité, savent rappeler au-delà de la différence de leurs obédiences politiques, que « le Cameroun c’est le Cameroun», n’engagent que lui. Le ciel est sans nuages entre Yaoundé et Washington, faut-il le rappeler. En plus des relations économiques sans anicroche (sous le Président BIYA, le pipeline Tchad-Cameroun a vu le jour, une réalisation qui est le plus gros investissement américain en Afrique noire), le pays de l’Oncle Sam intervient avec satisfaction au Cameroun dans de nombreux domaines comme la Santé, la Sécurité, la Défense ou la Formation diversifiée. «De fait, l’épanchement d’un diplomate mal inspiré ne suffira guère à compromettre l’excellence, la solidité et l’exemplarité des relations entre deux Etats souverains », conclu journaliste Principal Hors Echelle.

Le Cameroun est un pays indépendant, un Etat de droit, avec un peuple souverain qui désigne librement son chef, conformément à sa constitution. Comme dans tous les régimes démocratiques contemporains, le suffrage universel est le mode d’accession à la magistrature suprême dans notre pays. Pour la majorité des camerounais donc, le président de la République reste « le bâtisseur infatigable d’un pays qui aspire à toujours plus de prospérité et de modernité, le reconduit à volonté pour présider à sa destinée », peut-on lire dans la tribune de M. Mvoto Obounou. « Je veux qu’on se souvienne de moi comme l’homme qui a apporté la démocratie et la prospérité…», avait déclaré Paul Biya sur les antennes de RFI, lors d’une interview accordée à Yves Morouzi. Ce qui sera sans doute le cas, au regard entre autres, de la transformation du Cameroun en un vaste chantier résolument orienté vers la modernité, avec une économie diversifiée dont le niveau de résilience est unanimement salué en Afrique Centrale, de la politique multipartiste prôné par le chef de l’Etat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *