Veille sanitaire : une sentinelle efficace

Avec une espérance de vie estimée à 53 ans pour les hommes et 56 ans pour les femmes, le Cameroun est l’un des rares pays de la sous-région à assurer à ses populations un impressionnant bouclier contre les grandes endémies et les épidémies qui font des ravages dans le voisinage. Résultat d’une politique sanitaire solide, préalablement bien pensée.

Charles Abena

Comme pour un chronogramme bien établi, le gouvernement camerounais a déroulé et assis un ensemble de stratégies fructueuses. Déjà à partir du début des années 1980, le Cameroun lance plusieurs réformes de son système de santé avec objectif principal, le développement des soins de santé primaire dans toutes les régions. Une démarche qui s’est avouée payante car, actuellement, les soins se sont considérablement rapprochés des populations, jusque dans l’arrière-pays. Depuis 1989 également, un ensemble de réflexions se focalise sur le développement de la médecine préventive, dans le but d’anticiper sur les grandes épidémies qui ravagent le continent. En mai 1993, la “Déclaration Nationale de la Politique des Soins de Santé Primaires” est paraphée et largement diffusée à travers le territoire. Puis, pour plus d’efficacité dans la couverture du territoire national, le pays est désormais divisé en 120 districts de santé.

Parmi ces étapes de la réforme, l’une des plus significatives fut certainement celle de l’année 2000, avec la formulation du Document de stratégie sectorielle pour la santé, qui insistait sur le plan d’action pluriannuel chiffré, et la prise en compte de trois principaux objectifs à savoir : rendre les districts de santé fonctionnels et performants ; maîtriser la progression de l’infection à VIH/SIDA à travers un programme de lutte centré sur le district de santé ; développer et mettre en place au niveau des districts des mécanismes décentralisés de financement des soins de santé ainsi qu’un système performant de mutualisation du risque maladie. Des actions vigoureuses qui ne tarderont pas à offrir aux populations un filet sanitaire de qualité, surtout avec la création de ces districts et aires de santé.

L’on peut identifier trois étapes dans le processus de réforme pour le renforcement du système de santé de district : la Préparation de la Réorientation des soins de santé primaires (RSSP) ; la RSSP elle-même, puis le Plan national de développement sanitaire (PNDS). Des instruments de gestion et de contrôle qui permettent d’asseoir un suivi efficient de la politique initialement mise en route. Résultat des courses, des chiffres considérablement revus à la baisse pour plusieurs pics d’alerte sanitaires lancés il y a une décennie, après des attaques bactériologiques et virales. Les efforts entrepris par les institutions en place dans l’optique de minorer les coûts en matière de santé publique et dans l’amélioration du plateau technique, finiront certainement par placer le Cameroun à un cran nettement plus élevé pour un mieux-être des populations.

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